Pentecôtisme

Très minoritaire en Belgique, le pentecôtisme connaît un certain essor au sein du protestantisme. Dans Le Vif/L’Express du 20 décembre, vous relevez à juste titre que ce courant religieux met l’accent sur les dons spirituels (parler en langues ou glossolalie, prophéties, visions, guérisons). Si de tels mouvements ont l’avantage de canaliser des gens sincères en leur donnant des règles de vie, en revanche, le discours fondamentaliste véhiculé par les prédicateurs peut entraîner des dérives inquiétantes: de la guérison divine promise par certains pasteurs sous-formés théologiquement à la pratique illégale de la médecine, la limite n’est-elle pas vite franchie? (…)

Usant et abusant d’un vocabulaire obscurantiste et interprétant littéralement les textes bibliques, les dirigeant pentecôtistes ne rechignent pas à diaboliser le monde extérieur dont ils dépeignent une vision subjective, rarement nuancée et souvent étriquée (or le Christ, lors de sa vie publique, se mêlait à ceux qui ne lui ressemblaient pas: les ultra-religieux de l’époque, la femme adultère, le centurion romain, le collecteur d’impôts, etc.).

Peu curieux, figés dans leurs certitudes, volontiers créationnistes, ils s’encombrent peu ou pas de la critique des Ecritures et de leur contexte historico-culturel: le monde a été créé en six jours et un serpent bavard a bien tenté la première femme… S’appuyant sur la Bible, ils martèlent avec conviction pour appuyer leurs dires que toute écriture est inspirée (de Dieu). Dommage que toute lecture ne le soit pas… Car, si c’était le cas, l’Evangile serait interprété dans le contexte de notre époque, loin du sensationnel, proche de l’essentiel: le croyant et l’athée y verraient un Jésus-Christ parlant à la femme battue et au sidéen, au jeune accro à l’ecstasy et au minimexé, à l’étranger méprisé et au handicapé. Et à chacun d’entre nous. Sans anathème.

Henri Léonard, Nessonvaux

J’aimerais signaler qu’il n’existe pas d’Eglises « évangélistes » mais bien des Eglises « évangéliques ». Un évangéliste est un ministère (service) dans l’Eglise évangélique. De plus, les évangéliques ne sont pas tous de la mouvance « pentecôtiste » ou « charismatique ». Beaucoup d’évangéliques ne retrouvent pas et ne peuvent s’identifier à « La Nouvelle Jérusalem », qui est une Eglise de Dieu (pentecôtiste) africaine. N’introduisez pas la suspicion sur des mouvements qui font partie de la grande famille « protestante « . (…)

Henri Léonard, Nessonvaux

Lors d’un voyage en Inde, j’ai eu l’occasion d’assister à une cérémonie religieuse se réclamant de l’Eglise de la Nouvelle Jérusalem. Un immense hangar était rempli d’une foule, compactée en une série de quadrilatères, à l’angle interne avant desquels un meneur incitait tous ces gens à lever périodiquement les bras et à répéter apparemment des suppliques prononcées par un officiant se tenant sur une estrade devant la peinture monumentale d’un Sacré-Coeur. Ce pasteur paraissait tout courroucé, lançant des imprécations qui ne s’apaisaient que lorsqu’il donnait un baiser sur un christ en croix, aussitôt suivi d’exaltations enflammées reprises en choeur par la foule.

Si cette secte, qui soudoie ses fidèles par une telle mascarade, veut se rapprocher de l’Eglise réformée unie de Belgique, c’est pour que ses « pasteurs » bénéficient de la rétribution accordée par l’Etat aux ministres du culte. Je ne peux pas concevoir que les protestants « traditionnels » de chez nous, empreints d’un esprit d’analyse et de discussion ouverte sur les textes bibliques, puissent accueillir en leur sein cette secte aux méthodes diamétralement opposées. (…)

Henri Léonard, Nessonvaux

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