Parrainer une colonie d’abeilles

Un passionné d’apiculture lance le projet Bee to B, permettant aux entreprises de parrainer des colonies d’abeilles. Il veut ainsi contribuer à enrayer le déclin de ces acteurs indispensables à la biodiversité de notre planète.

Stéphan Galetic est assistant en philosophie à l’ULg. Sa passion pour les abeilles date d’il y a trois ou quatre ans, suite à un reportage plutôt émouvant sur leur disparition. Mais alors que d’autres seraient peut-être passés à autre chose avec juste un goût d’impuissance, Stéphan Galetic a décidé d’agir.  » Pour l’anecdote, ma thèse de doctorat porte sur William James, un penseur selon lequel il est important de traduire les pensées en actes. Cela m’a sans doute incité à concrétiser.  » Il a donc démarré dans l’ordre : une formation en apiculture, puis ses deux premières ruches, installées dans son jardin.

Ce  » petit  » geste a eu des conséquences directes.  » En réalité, accueillir une ruche est tout à fait accessible et n’est pas très contraignant en termes de temps. En revanche, cela a un impact énorme sur la biodiversité.  » Une colonie d’abeilles, ce sont jusqu’à 80 000 individus, soit 3 millions de fleurs qui peuvent être pollinisées chaque jour, sur un rayon de 3 kilomètres autour de la ruche.  » Toute la flore et la faune locales en tirent parti. Personnellement, tous les jardins autour du mien en profitent. Des arbres qui ne fleurissaient plus ploient sous les fruits… « 

Syndrome d’effondrement

Mais Stéphan Galetic a envie de passer à la vitesse supérieure. L’entreprise qu’il a créée, Made in abeilles, propose aux sociétés belges de poser un geste important en parrainant une ou plusieurs colonies d’abeilles. C’est le projet Bee to B. Celles-ci seront installées chez un apiculteur wallon. Les parrains bénéficieront bien sûr d’un retour en termes d’image, et ils pourront également récolter le miel de  » leurs  » ruches.  » Il est urgent d’agir car, partout dans le monde, les abeilles meurent « , insiste Stéphan Galetic. Lui-même a perdu, l’hiver dernier, 30 % de ses colonies.  » Certains apiculteurs ont tout perdu.  » L’explication ? On parle du syndrome d’effondrement des colonies.  » Normalement, en cas de problème comme une maladie, on retrouve les abeilles mortes dans la ruche. Dans le cas du syndrome d’effondrement, on ne retrouve plus aucune abeille. Plusieurs chercheurs ont mis en évidence le rôle déterminant des pesticides utilisés dans l’agriculture intensive. « 

Stéphan Galetic s’est inspiré de ce qui existe déjà en France, tout en s’adaptant aux spécificités de l’apiculture wallonne.  » La Wallonie est constituée surtout d’apiculteurs amateurs. Avec ce projet, j’espère également encourager ceux-ci à augmenter leurs colonies, et en faire profiter toute la biodiversité régionale. « 

www.madeinabeilles.be

LILIANE FANELLO

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