Occasions : comment éviter l’arnaque ?

Moteur usé, amortisseurs fichus, compteur trafiqué… L’occasion ne fait pas toujours le larron. Quelques conseils pour ne pas vous faire rouler !

De nombreux conseils et informations relatifs aux véhicules d’occasion figurent sur le site de Federauto : www.federauto.be

Première question à vous poser lorsque vous souhaitez acquérir une voiture d’occasion : désirez-vous qu’elle soit garantie ? Oui ? Traitez dès lors avec un concessionnaire, un négociant en véhicules d’occasion ou un garagiste-réparateur. Les professionnels labellisés proposent généralement des garanties, fixées par contrat, sur les pièces et la main-d’£uvre allant de 6 mois à 1 an. Voire plus longtemps si l’occasion est quasi neuve et, donc, encore couverte par le constructeur. Si vous préférez négocier avec un particulier, vérifiez qu’il est le propriétaire et l’utilisateur du véhicule. Comment ? En consultant la carte grise qui mentionne le nom du propriétaire, le numéro de châssis de l’auto et sa date de mise en circulation.

 » Il faut faire très attention à ce point-là, car beaucoup de gens pratiquent du business parallèle, met en garde Yves Sprumont, secrétaire général du Groupement des négociants en véhicules d’occasion chez Federauto. Ils excellent dans l’art de la vente et feraient acheter à prix d’or une voiture qui ne vaut pas trois clous. Certains en toute bonne foi, d’ailleurs. La voiture leur paraît correcte mais comme ils n’ont pas ou peu roulé avec, ils ne connaissent pas ses faiblesses.  »

Autres papiers indispensables, le certificat de conformité et celui du contrôle technique si la voiture a plus de 4 ans. Il appartient au vendeur de passer le véhicule au centre de contrôle technique avant de le vendre. Conformément à la loi de 1999 relative aux fraudes au compteur kilométrique, le vendeur est également obligé de remettre à l’acheteur le carnet d’entretien du véhicule. Il va aussi de soi que chacune des parties signera une facture attestant de la vente. Mais ne grillons pas les étapes, avant de signer, encore faut-il examiner l’automobile dans ses moindres recoins. Si le vendeur est d’accord, prenez rendez-vous dans un garage pour une évaluation précise du véhicule. Sinon, ces quelques pistes devraient vous aider à le passer en revue vous-même.

L’état général.  » Pour commencer, jetez un coup d’£il sur l’état général de l’auto, préconise Sprumont. A-t-elle été accidentée ? Remarquez-vous des traces ou des raccords de peinture ? Les joints sont-ils bien parallèles au niveau du capot, du coffre, des portières ? La peinture est-elle abîmée ? Les pneus avant sont-ils identiques ? Les pneus arrière aussi ? Sont-ils lisses ? La roue de secours se trouve-t-elle bien dans le coffre et est- elle conforme ? »

L’habitacle.  » Un volant, des pédales et un levier de boîte de vitesses polis indiquent que la voiture a beaucoup roulé, assure un garagiste. Cet élément peut vous servir de repère pour vous assurer que le compteur n’a pas été trafiqué. Si le compteur est mécanique, vérifiez qu’aucune trace de doigts ou de poussière ne figure sous la vitre de protection. Regardez aussi si les vis du boîtier ne sont pas griffées ; ce qui prouverait qu’il a été ouvert.  » Une fraude sera moins facilement détectable sur un compteur digital, mais également plus difficile à accomplir.

Observez, à présent, le revêtement intérieur de la voiture. Le tapis de sol et le toit montrent-ils des traces d’humidité ? Le tissu des sièges est-il usé ? S’inclinent-ils et coulissent-ils correctement sur les rails ? La ceinture de sécurité est-elle intacte ? Les divers éléments du tableau de bord fonctionnent-ils bien ?

L’examen mécanique. « Jugez de l’état de propreté du moteur, suggère Sprumont. Un peu de poussière et de saleté devrait souiller les différents éléments. Si tout est nickel, méfiance… Contrôlez le niveau des liquides et vérifiez qu’il n’y a pas de fuite. Notez aussi la couleur et la texture de l’huile. Elle doit être brune, sans grumeaux ou parcelles de métal. Une mayonnaise, avec des taches blanches, serait signe d’un joint de culasse fichu. Inspectez l’épaisseur des disques de frein et la profondeur de leurs rayures. OK si les disques sont uniformes et leurs rayures, discrètes. Assurez-vous que le filtre à air ne présente aucune trace d’huile, auquel cas il y aurait apparemment un problème de soupapes.  »

Sur la route. Prévoyez cet essai du véhicule à l’aube de sorte que la voiture n’ait pas roulé et que vous puissiez la mettre en route à froid. Si elle démarre directement, parfait. Si elle tousse, aïe, le moteur semble usé. Un léger  » clac-clac  » est normal pour une voiture diesel. Attardez-vous quelques instants sur la fumée qui s’échappe du pot d’échappement. Parfait, si elle est grise. Mauvais point, si elle est bleutée : de l’huile s’échappe du moteur, qui est donc usé. Une fumée noire révèle un excès de CO2 : une révision au garage s’impose. Un faible dégagement de fumée blanche est tout à fait normal par temps humide. S’il persistait malgré le réchauffement du moteur, de la vapeur d’eau pourrait provenir d’une défectuosité du joint de culasse.

Etape suivante, mettez la boîte de vitesses de l’auto au point mort, embrayez et passez tous les rapports pour vérifier que la boîte n’accroche pas.  » Autre astuce pour tester l’embrayage : tirez le frein à main, passez en deuxième et essayez de démarrer, propose un concessionnaire. La voiture doit bloquer et le moteur caler si l’embrayage tient le coup. Idem lorsque vous répétez l’opération en troisième vitesse.  » Maintenant, jaugez le comportement du véhicule en roulant sur une route plane. Que se passe-t-il lorsque vous lâchez le volant ? La voiture ne va pas tout droit. Attention, il y a, sans doute, un problème de direction ou d’équilibrage des pneus. Empruntez une route accidentée pour voir si les freins et les amortisseurs sont toujours valables. Grimpez à plus de 40 km/h et freinez brusquement en tenant le volant, les roues doivent se bloquer et le volant ne doit pas vibrer. Sinon, méfiez-vous des disques de frein.

Le prix. Si possible, faites-vous conseiller par un ami qui connaît le marché et a accès aux cahiers de cotation professionnels. Sinon, basez-vous sur les cotations qui figurent dans la plupart des revues spécialisées pour estimer le prix de l’automobile.  » Gardez toujours à l’esprit que lorsque vous recherchez une occasion proposée à 1 000 ou 1 500 euros, c’est un futur problème que vous achetez « , conclut le secrétaire général de Federauto. lAllison Lefèvre

Allison Lefèvre

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