Mons Un rêve éveillé

En caressant l’idée de se réveiller capitale européenne de la culture en 2015, le chef-lieu du Hainaut puise dans son rêve l’inspiration et la motivation censées lui permettre de retrouver rapidement le chemin d’une prospérité oubliée par les générations actives du cru.

Additionnez un taux de chômage violent (19 %) assorti d’un faible niveau de qualification des sans-emploi à des finances publiques grevées par un endettement historique plombé : pas besoin d’effets de manche pour étaler au grand jour les faiblesses majeures de la Ville de Mons, c£ur d’une agglomération élargie de 250 000 habitants, la troisième de Wallonie.

Comme le précisent en ch£ur le bourgmestre Elio Di Rupo (PS) et ses deux échevins, Richard Miller (MR) et Nicolas Martin (PS), rencontrés récemment derrière leurs lambris de l’hôtel de ville, Mons est une ville tout en contrastes, avec des communes en piètre posture, comme Jemappes ou Flénu, et d’autres, comme Saint-Symphorien ou Villers-Saint-Ghislain, qui concentrent des populations à revenus élevés. Bref, une sous-région à deux, voire à trois vitesses socio-économiques.

Mais le bilan de santé global de la capitale du Hainaut révèle aussi des atouts importants, tels son patrimoine, ses infrastructures culturelles, son réseau d’enseignement universitaire, ses lieux touristiques ainsi que ses centres de recherche de formation et d’innovation. Autant de leviers stratégiques qui devraient théoriquement lui permettre de se projeter positivement dans l’avenir avec l’ambition affichée de devenir à la fois une vitrine et une locomotive pour sa région. Et l’intention connexe de  » ne laisser personne sur le bord de la route « , comme le souligne Richard Miller, qui pilote le budget de la Ville. Cette présence MR active – souhaitée par la majorité absolue socialiste – au sein du collège montois permet d’ailleurs au bourgmestre de clamer haut et fort qu' »aucune réunion de la majorité ne s’est faite en huis clos PS « .

Reste aussi à en trouver les moyens. Compte tenu de la grande faiblesse des marges de man£uvre du budget communal, les fonds européens du Feder constituent la bouffée d’oxygène pour assurer le développement de la Ville. Celle-ci ne s’est donc pas privée d’introduire 33 projets pour un montant total de 179 millions d’euros. Finalement, 20 projets ont été retenus pour un montant de 107,5 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 35 millions pour la recherche et le développement à destination notamment des universités. Un résultat significatif qui, selon le bourgmestre,  » témoigne de la qualité des projets proposés et de la reconnaissance d’une stratégie crédible et efficace « .

Par ici, les investisseurs !

Sans surprise, la stratégie de développement de Mons repose fondamentalement sur l’amélioration de l’attractivité de la Ville pour les investisseurs et les visiteurs, afin de contribuer au redéploiement de l’économie et à la création d’emplois. Les investissements prévus – 90 % des montants seront à charge du pouvoir subsidiant, le solde étant financé par la Ville et l’intercommunale IDEA – se concentrent dans trois domaines : le développement économique, la formation et l’innovation ainsi que l’attractivité de la Ville qui passe obligatoirement par la préservation et la rénovation du patrimoine, cheval de bataille du bourgmestre.  » Depuis 2001, nous avons concentré beaucoup de moyens sur ce bien commun et cette carte de visite qu’est la Grand-Place, l’une des plus belles de Belgique « , insiste-t-il. Parmi les portefeuilles de projets, nombreux sont ceux portant sur la mise en valeur du centre-ville. A commencer par la valorisation des abords de la Grand-Place, avec notamment des traitements de façades (4,3 millions d’euros), des technologies de pointe pour un centre d’interprétation du mythe de saint Georges au Mont-de-Piété (2,8 millions d’euros) ou encore la rénovation profonde de l’église Saint-Nicolas (11 millions d’euros).

Viennent ensuite la reconfiguration du quartier de la gare (lire en page 112) ou encore l’implantation d’un pôle  » design  » dans le quartier des Arts, développant ainsi une activité économique pointue au centre de Mons, pour un budget de près de 7 millions d’euros. Des portefeuilles qui croisent ceux concernant plus précisément les domaines de la culture et du tourisme, deux leviers importants de développement économique pour Mons et sa région.

Les autres portefeuilles concernent les moyens de développement économique et d’accroissement de la capacité d’accueil des entreprises, la création de pôles de recherche scientifique, d’innovation et de formation, avec un positionnement dans les secteurs de pointe (lire en page 104). Une brochette d’initiatives diverses pour tenter de retrouver le chemin de la prospérité d’ici à 2015, dans le contexte particulier de la candidature de la Ville au titre de capitale européenne de la culture.

Un dossier de Philippe Coulée, Anne-Catherine De Bast et Stephan Debusschere

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