» Mon pays de cinéma, c’est la Belgique ! « 

Stéphane Vuillet, jeune cinéaste français, se sent bien chez nous et vient d’y signer son premier long-métrage, 25 degrés en hiver

Venir étudier le cinéma en Belgique n’a plus rien d’exceptionnel pour un jeune Français. Tout comme Jean-Marc Moutout, le réalisateur de Violence des échanges en milieu tempéré, Stéphane Vuillet l’a fait. Mais il est resté chez nous, en plus, pour y tourner son premier long-métrage, un 25 degrés en hiver qui marie agréablement humour, amour et sensibilité sociale. Présenté en clôture du dernier Festival de Berlin, ce film produit par Marion Hänsel narre les mésaventures d’un coursier d’origine espagnole (joué par Jacques Gamblin), vivant seul avec sa fille depuis le départ de sa femme aux Etats-Unis, et qui va se retrouver impliqué dans la quête d’une jeune Ukrainienne (Ingeborga Dapkunaite), tout juste échappée d’un centre pour sans-papiers.

D’un Bruxelles joyeusement multiculturel à la mer du Nord, en passant par Zaventem et son aéroport, les décors naturels traversés par la comédie de Vuillet offrent une image particulière de notre pays, une image différente de celles proposées par la plupart de nos cinéastes.  » La France est mon pays de nationalité, l’Espagne û dont vient ma mère û, mon pays de c£ur, et la Belgique, mon pays de cinéma : je suppose que les trois ont influencé ma manière de regarder les choses !  » sourit le cinéaste dont le souci constant, durant tout le long processus que représente un film, fut d' » inscrire celui-ci dans la réalité de la société, sans tomber pour autant dans l’£uvre à message, mais en faisant surtout appel à l’émotion, au plaisir « .

Pour ce faire, Stéphane Vuillet a mêlé plusieurs registres d’humour, le plus efficace étant sans doute celui du comique physique.  » J’ai toujours aimé les acteurs burlesques, Buster Keaton en tête, et l’humour mettant en scène le corps, à la différence de la tradition française, qui privilégie les mots « , explique le jeune réalisateur qui a trouvé en Gamblin l’interprète idéal du personnage de Miguel,  » un funambule pressé, nanti d’assez de naïveté pour s’embarquer dans une histoire folle « . Une histoire qui se trouve traitée sur le mode comique, mais dont le fond épouse les contours du drame, avec l’errance et la désespérance de Sonia, immigrée clandestine recherchée par la police.  » Chaque fois que je racontais le récit du film à quelqu’un, on me demandait si j’étais sûr que c’était bien une comédie !  » se souvient Vuillet en riant.

Le propre des bonnes comédies n’est-il pas de chercher l’équilibre sur le fil tendu et ténu qui sépare le tragique du comique ? Que 25 degrés en hiver y parvienne souvent, sinon totalement, n’est pas une mince réussite pour un cinéaste qu’on s’attachera à suivre. En Belgique ou ailleurs…

L.D.

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