Mieux vaut prévenir que poursuivre

Le nombre de vols dans les habitations est en augmentation. S’il existe des systèmes techniques de plus en plus sophistiqués pour se prémunir contre ce type de préjudice, encore faut-il savoir limiter les risques. Quelques bons conseils

Rentrer chez soi pour constater que des cambrioleurs se sont introduits chez vous et ont volé ou dépravé des objets, c’est toujours révoltant. Le nombre de vols dans les habitations est en augmentation, principalement à Bruxelles et en Wallonie. Face à ce phénomène, les autorités publiques ont adopté différentes mesures destinées à inciter particuliers et sociétés à mieux se protéger. Des communes et des zones de police proposent ainsi gratuitement les services de conseillers en  » techno-prévention « . Ces professionnels, indépendants des sociétés spécialisées en la matière, font un diagnostic des lieux : ils analysent leurs faiblesses et suggèrent des solutions pour y remédier. Soixante-six communes proposent par ailleurs à leurs habitants une  » prime cambriolage  » qui permet à leur bénéficiaire de diminuer, in fine, le coût des investissements consentis. Enfin, commerçants, indépendants et professions libérales peuvent, moyennant le respect de certaines conditions, déduire fiscalement les investissements réalisés pour sécuriser leurs locaux professionnels.

Si ces incitants sont positifs, chacun est le premier responsable de sa sécurité. Il vaut mieux éviter de faciliter le travail du ou des voleurs et ne pas laisser traîner une échelle contre un mur ou les clefs dans un endroit trop évident (sous le paillasson ou dans un pot de fleur, par exemple). Les systèmes techniques les plus sophistiqués n’auront qu’une très faible utilité s’il est possible d’entrer dans la maison comme dans un moulin. L’adoption d’un comportement avisé peut éviter bien des déboires. Les outils doivent donc être rangés dans une remise verrouillée. Quant aux clefs, il est préférable de les laisser dans un endroit non visible de l’extérieur. Prudence avec les portes vitrées. Des personnes mal intentionnées pourraient être tentées de casser une vitre à hauteur de la serrure pour passer une main et ouvrir la porte de l’intérieur. Abstenez-vous par ailleurs de joindre à la clef de la maison que vous emportez une étiquette avec votre nom et votre adresse.

Le principe  » pour vivre heureux, vivons cachés  » a des adeptes parmi les voleurs. Ceux-ci seront d’autant plus attirés par une habitation qu’il est facile d’y pénétrer sans être vu. Il faut dès lors veiller à ce que des murs, arbres ou buissons ne dissimulent pas l’entrée et les autres ouvertures de la façade. Gardons à l’esprit que l’arrière des bâtiments constitue un point faible par excellence. Dans plus de deux tiers des cambriolages, les malfaiteurs ont pénétré dans la maison par cette voie.

Une absence absente

Attention : l’absence attire les prédateurs. La plupart des vols ont lieu alors que les occupants ne sont pas là. En cas de départ, même pour une courte période, veillez à ce que toutes les portes, y compris celles de l’arrière et celles du garage, soient fermées et les moustiquaires enlevées. Principal conseil : évitez que le logement ait l’air inoccupé. En d’autres termes, les petits mots sur la porte ou sur le répondeur avertissant que les habitants sont en vacances ainsi que les boîtes aux lettres qui débordent sont à proscrire ! Il est même judicieux de simuler une présence via un éclairage adapté. Pourquoi ne pas installer un système de minuterie qui allumerait automatiquement certaines lampes de la maison à des moments précis ? La cuisine, la salle à manger, le salon, la chambre s’éclaireraient l’un après l’autre selon un ordre logique. Signalons qu’il est possible de demander à la police locale d’exercer une surveillance sur le logis pendant votre absence ou encore de mettre les voisins à contribution en leur suggérant d’ouvrir l’£il.

Cachez ces biens que je ne saurais voir

Quant aux objets de valeur, il est préférable de les garder en lieu sûr, dans le coffre d’une banque par exemple. Si ce n’est pas possible, le recours à un coffre-fort dans la maison est recommandé. Autre suggestion : dissimuler les biens dans plusieurs endroits différents. Cette pratique peut limiter les dégâts. Les voleurs n’ayant pas le temps de jouer à cache-cache pareront au plus pressé.

Malgré ces précautions, personne n’est à l’abri d’un cambriolage. Adoptez donc toutes les mesures qui faciliteront l’identification des biens en cas de vol. Il est ainsi intéressant de graver son numéro de registre national sur les objets de valeur. Le marquage les rend moins attrayants, donne plus de chances de les retrouver et facilite la déclaration. Il faut également en faire un relevé précis en notant leur numéro de série, leur marque, voire en les photographiant. Et la liste ainsi établie doit être conservée en lieu sûr.

Aux comportements personnels peuvent s’ajouter l’installation de systèmes techniques afin de diminuer le risque au maximum. Des informations à ce sujet peuvent être obtenues auprès de l’Union professionnelle des entreprises d’assurance, du Secrétariat permanent à la politique de prévention ou encore d’un conseiller en techno-prévention.

Signalons que beaucoup de ces dispositifs visent à retarder le plus possible le voleur dans sa tâche. Comme l’explique Yves van de Vloet, directeur du Secrétariat permanent à la politique de prévention du SPF Intérieur :  » Si la porte ou la fenêtre que le cambrioleur essaie de forcer résiste plus de 3 minutes, il va abandonner.  » Bon à savoir.

Géraldine Vessière

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