MEDIRECT SOUS UN LABEL BELGE RASSURANT

Comment une banque en ligne a préféré baisser pavillon maltais pour hisser les couleurs noir-jaune-rouge. Rien de tel qu’offrir la solvabilité d’une banque belge pour apaiser les craintes de l’épargnant.

Bienvenue chez MeDirect, banque Internet notamment tournée vers la gestion démocratisée de patrimoine en ligne. Particularité :  » Alors que la Belgique possède le produit d’épargne sans doute le plus complexe au monde, avec un taux de base et une prime de fidélité, nous proposons un compte d’épargne non réglementé, simple, transparent, à taux unique, quelle que soit la durée du placement, explique le CEO, Xavier De Pauw. Nous sommes la seule banque belge auprès de laquelle le client sait exactement combien il gagne sur son épargne et quand.  »

Pareille performance a une recette : la compression des coûts. Pas d’agence bancaire à charge, frais d’infrastructure et de personnel réduits : le gain sur les coûts opérationnels est net, les retombées sur l’emploi se chiffrent à 50 personnes. Maîtres mots de MeDirect : simplicité, transparence, souplesse, centricité du client.  » C’est notre ADN.  »

Il ne manquait plus qu’un visa belge pour achever d’inspirer confiance au client. C’est chose faite depuis le 1er juin 2015. Au bout d’un an d’examen de son dossier, MeDirect, jusqu’alors succursale d’une banque maltaise, a obtenu de la Banque nationale une licence bancaire belge.  » Nous sommes une banque belge à part entière, autonome et solvable, qui dispose de son propre bilan et de fonds propres de 130 millions d’euros.  »

L’Etat belge se porte garant

Contrairement à ce que nous avions écrit ( » Vers un crash à l’islandaise « , Le Vif/L’Express du 15 avril), MeDirect a tourné la page maltaise. Même si, convient son CEO,  » l’actionnaire direct reste un groupe bancaire maltais, mais détenu in fine par le fonds britannique AnaCap Financial Partners « .

La prise de distance avec l’ancrage méditerranéen est appréciée à sa juste valeur. Elle a levé un facteur d’incertitude auprès de certains clients potentiels. Sans vouloir mettre en doute la solvabilité de l’Etat maltais, Xavier De Pauw admet que  » cette situation jouait en notre défaveur. Par simple peur de l’inconnu, le client belge se montrait réticent.  » Le voilà rassuré. Concrètement, en cas de déconvenue financière d’envergure, l’argent confié à MeDirect est entre de bonnes mains. C’est en effet l’Etat belge, et non plus maltais, qui se porte désormais garant. Et qui activerait la garantie de dépôts s’il devait y avoir un coup dur.  » Mais nous partons du principe que nous n’aurons pas besoin de cette garantie « , déclare le CEO, qui ajoute :  » Dans tous les cas, MeDirect a dû prouver sa solvabilité auprès de la Banque nationale.  »

Certains, qui font autorité dans le monde de la finance, redoutent tout de même un nouveau krach bancaire et s’inquiètent de l’effet  » déresponsabilisant  » de ce système de garantie, qui reviendrait à ce que ce soit le contribuable qui passe à la caisse pour éponger la note de placements risqués. Xavier De Pauw ne se sent nullement visé :  » Se prêter à de tels comportements serait suicidaire. Il existe une régulation, une éthique bancaire. Se voir confier une épargne responsabilise.  »

PAR PIERRE HAVAUX

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