Luxembourg Méforme confirmée dans le sud

Selon une étude ciblée sur les ventes publiques, le prix moyen de l’immobilier aurait diminué de 3 % en province de Luxembourg. Des chiffres qui ne peuvent pas être appliqués tels quels au gré à gré, mais qui reflètent assurément une tendance.

Une fois n’est pas coutume, les notaires du Luxembourg n’ont pas accompagné, cette année, le concert annuel des rapports immobiliers de février. De son étude située à Etalle, le notaire Michel Bechet s’est tout de même essayé à l’exercice de l’analyse chiffrée. A cette différence près : il n’a pris en compte que les ventes publiques. On peut donc se demander si cette analyse est applicable à la vente de gré à gré, qui englobe tout de même la grosse majorité des transactions immobilières.  » Au niveau des prix, il est sûr qu’on ne peut pas comparer. Par contre, les tendances générales sont très certainement similaires « , affirme Me Béchet.

Concrètement, le prix moyen du résultat des ventes publiques, pour l’ensemble de la province, a diminué de 3 %, régressant de 122 000 à 118 000 euros. Plus étonnant : lesdites ventes ont, en chiffres absolus, augmenté de 24 % en 2009 :  » En 2009, les gens se sont habitués aux nouveaux prix. On remarque également que, sur l’ensemble de la province, seules six ventes publiques (sur un total de 198) ont concerné des biens dépassant les 250 000 euros. Beaucoup de confrères m’ont dit que les biens affichés jusqu’à 175 000 euros n’avaient pas connu de pertes. Entre 200 000 et 250 000 euros, la baisse existe, mais elle est limitée. Par contre, quand on dépasse les 250 000 euros, et surtout les 300 000, alors là, on souffre beaucoup : c’est le cas des villas quatre façades.  » Des tendances qui, finalement, n’ont rien d’inattendu.

Sans qu’on lui ait donné le mot, Ludovic Guiot, qui dirige l’agence Honesty à Libramont, évoque lui aussi la barre des 175 000 euros. Une somme avec laquelle on peut encore, éventuellement, dégoter une petite quatre façades correcte.  » Jusqu’à 170 000-180 000 euros, il me semble que les valeurs se sont maintenues, voire ont progressée un peu. Mais si nous continuons à vendre, il y a moins de curieux, moins de visites et moins d’acheteurs. Vouloir écouler son bien à un prix trop éloigné de la réalité se solde forcément par un échec.  » Dans les facteurs dopant du marché, la proximité de la E 411 resterait en tête d’affiche. Autre phénomène pointé par le professionnel :  » Les acheteurs potentiels semblent fragilisés par la perspective de devoir faire des travaux, craignant que l’ampleur de ceux-ci ne les surprenne. « 

Les néerlandophones reviennent

Habitué à traiter avec une clientèle néerlandophone, Claude Balthazard (Ardenne Immo), qui couvre la Grande Ardenne, confirme le manque d’intérêt, mais va plus loin :  » 2009 a été une année très difficile. Moins de ventes, moins de demandes, et des prix pouvant baisser jusqu’à 20 %. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un £il sur les sites et aux vitrines des agences : le nombre de biens estampillés « nouveau prix » est impressionnant.  » D’après le courtier, les terrains auraient, davantage encore que le bâti, souffert de la crise. Pénurie il n’y a pas, c’est certain.  » Mais les néerlandophones reviennent depuis ce début 2010, me semble-t-il. Sauf qu’ils n’ont pas l’intention de bâtir tout de suite. « 

G. V.

Les biens affichés jusqu’à 175 000 euros n’ont pas connu de pertes

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