Logiciels libres à l’administration

Vincent Genot
Vincent Genot Rédacteur en chef adjoint Newsroom

La suite de logiciels libres OpenOffice pourrait prochainement équiper les ordinateurs de plusieurs administrations de la capitale. Le Centre d’informatique pour la Région bruxelloise (CIRB) s’y emploie

Informations : www.cirb.irisnet.be et www.openoffice.org

Si votre ordinateur tourne sous Windows, il y a fort à parier que votre traitement de texte soit un Word, de même que le tableur se nomme Excel et la base de données Access. Ce qui est moins certain, par contre, c’est la provenance de ses logiciels : version officielle ou version piratée ? Selon la Business Software Alliance (BSA), 31 % des programmes utilisés dans notre pays étaient encore d’origine frauduleuse en 2002. Il est vrai que, pour écrire une dizaine de lettres par an, produire trois graphiques et gérer l’équipe de foot du quartier, on hésite fortement avant de débourser les 550 euros nécessaires à l’achat de l’édition de Microsoft Office (qui reprend les 3 programmes cités plus haut)… En lieu et place de l’illégalité (oui, c’est illégal d’utiliser la copie d’un programme que l’on n’a pas acheté), pourquoi ne pas se tourner vers des programmes utilisables librement ? OpenOffice, par exemple.

Téléchargeable gratuitement depuis Internet, cette suite de logiciels se révèle suffisamment complète pour réaliser l’ensemble des travaux bureautiques classiques. Traitement de texte, tableur, dessin, communication avec une base de données ou mise en page de documents élaborés… Ce que fait Microsoft Office, OpenOffice le fait aussi. Voilà une des raisons qui a poussé le Centre d’informatique pour la Région bruxelloise (CIRB) à adopter cette suite logicielle pour les 120 membres de son personnel. Chargé par le gouvernement bruxellois d’une mission de veille technologique pour laquelle il doit rendre un avis sur l’implémentation des logiciels libres dans les institutions régionales et locales, le CIRB a donc décidé de servir de cobaye. Début avril, l’ensemble des programmes bureautiques propriétaires (qui nécessite l’achat d’une licence commerciale) du CRIB a été remplacé par OpenOffice.  » Malgré la migration de plus de 120 postes de travail au cours d’une seule opération, la procédure s’est révélée assez simple, explique Lökkhana Quaremme, responsable de la communication CIRB. Pour toutes les fonctions basiques ( NDLR : placer un texte en gras, copier un document, changer de police de caractère, etc.), les utilisateurs n’ont pas rencontré de véritable problème. C’est lorsque l’on aborde certaines subtilités, comme le publipostage ou l’utilisation de fonctions alambiquées dans un tableur, que cela peut parfois se corser. Mais rien d’insurmontable. En réalité, les difficultés concernent souvent les habitudes de travail. La fonction qui se trouvait à gauche de la barre d’outils se retrouve derrière une icône, à droite. Le plus important dans ce genre de migration, c’est donc un bon accompagnement de l’utilisateur.  » Raison pour laquelle le CIRB note que si le prix d’une telle migration est ridiculement bas, l’investissement en ressources humaines demeure très important.

Après cette première phase réussie, le Centre prépare pour cet été la migration du navigateur Internet et du client mail vers Mozilla û la version libre de Netscape navigateur û et cherche activement une solution d’agenda partagé.  » Dans la phase 3, poursuit Lökkhana Quaremme, il faudra procéder à la migration de certaines bases de données et passer à un système d’exploitation libre ( NDLR : un remplaçant de Windows), comme Linux.  » De cette expérience, le CIRB pourra tirer une méthode de migration applicable à d’autres administrations. Cependant, si l’on ne doute pas que le Centre arrive à finaliser sans encombre ses trois phases, il ne faut pas perdre de vue qu’il représente un cobaye de choix. En effet, seuls 20 % de ses employés effectuent un travail administratif. Les 80 % restants sont tous des informaticiens. Dans les autres administrations, ce pourcentage sera totalement inversé. La résistance des fonctionnaires au changement risque donc d’y être un peu plus importante.

Vincent Genot

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