La famille Faucon, installée place Saint-Job, à Uccle. © FAUCONSPOURTOUS.BE

Loft Story des faucons pèlerins

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On dirait une cellule. Plutôt de prison que de monastère, sauf qu’il y a une ouverture à gauche, béante, sans grille ni vitre. Et que le soleil s’y engouffre allègrement. Sinon: murs qui ont quelques siècles de vol et sol jonché de quelque chose qui ressemble à un mélange de paille, de terre et de petites caillasses. Avec des plumes, éparses, autour. Au milieu, un petit cratère. Où trônent quatre oeufs. Bienvenue dans un repli du clocher de l’église Saint-Job, à Uccle. Bienvenue au nid des deux faucons pèlerins qui y élisent domicile, juste derrière l’horloge, chaque printemps, depuis 2015, pour agrandir la famille.

La webcam placée par le musée des Sciences naturelles retransmet, via le site fauconspourtous.be, la vie du couple, en direct, en HD, jour et nuit. Comme, avant, Loft Story, en télé. Et comme, au faîte de la cathédrale des Saints Michel et Gudule (au coeur de Bruxelles) et de la maison communale de Woluwe-Saint-Pierre: là aussi nichent une madame et un monsieur faucon. Là aussi la femelle a pondu, en mars. Là aussi les images montrent la couvaison, en attendant les éclosions, trente-deux jours après, puis l’envol des fauconneaux, six semaines plus tard.

Là, on est donc braqué sur le ménage de Saint-Job. A une cinquantaine de mètres de hauteur. On entend les bruits de dehors et d’en bas. Le vent, un chien, un type qui crie, des coups de klaxon, des sirènes de police, une moto. Les petits « creeeek » du rapace qui couve (la maman et le papa se relaient). Il ou elle doit appeler l’autre (« c’est toooon tooooour ») ou rassure les petits pas encore nés (« bon, je vous laisse une minute, pas de panique, votre père arrive »). Il ou elle recouvre les quatre oeufs, en les retournant régulièrement, et délicatement, en changeant de position, en luttant pour ne pas s’assoupir mais la paupière se referme, du bas vers le haut, et ça fait penser à ces voitures dont les portières s’ ouvrent à l’envers. Parfois, avec la future progéniture (le mâle a plus de mal à faire le job) bien enfouie, en picorant un truc. On comprend alors que les plumes, autour, sont celles d’oiseaux qu’ils ont chopés – en les heurtant, en plein vol ; et un faucon pèlerin, c’est une bombe: jusqu’à 400 km/h en piqué.

Thierry Fiorilli
Thierry Fiorilli

Honnêtement, on a loupé les naissances en live. Mais le best of est sur le site. Les oisillons blancs, trente-cinq grammes, coiffés avec une couverture, qui arrivent à la queue leu leu. Le papa, qui apporte le ravitaillement. La maman, qui découpe tout ça. Ils connaissent la chanson: ils avaient déjà eu vingt-sept rejetons. Tous nés à l’église uccloise.

Spectacle incroyable. Comme le fait que Bruxelles est devenue une Mecque de ces pèlerins-là. Au moins douze couples y couvent ou couvaient ce printemps. Alors que l’espèce s’est entichée de la ville il y a dix-huit ans seulement et que, de la seconde moitié des années 1960 à 1994, elle avait carrément déserté le pays. Depuis 2004, les mêmes ménages reviennent sur les sommets bruxellois pour la nidification. Une plume au chapeau de la capitale.

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