Maxence Mathieu signe ce portrait d'un officiel canadien, garant de l'installation poético-géologique que l'artiste belge propose au BPS22. © MAXENCE MATHIEU

Lettres de misarchie

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Sous-titrée « Charleroi-Chicoutimi », cette exposition résulte d’une série de résidences d’artistes entre le BPS22 et le centre d’art Bang (Québec). Ce partenariat belgo-canadien, qui remonte à 2016, s’est avéré florissant, fouettant les imaginaires des uns et des autres. Non sans tracer un fil rouge. « Les différents travaux qui ont résulté de ces échanges partageaient un désir commun de construire des mondes imaginaires qui, soit s’ancraient dans la réalité pour dériver vers diverses formes de fiction, soit campaient dès le départ des fictions d’artistes qui, poussées au maximum de leurs intentions, interrogeaient radicalement le réel », explique Pierre-Olivier Rollin, directeur du BPS22 et curateur de Lettres de misarchie. Si, à l’origine, la finalité de ces tirs plastiques croisés n’était pas une exposition mais une zone d’expérimentation, l’évidence des oeuvres qui en ont découlé a poussé les deux institutions à montrer les travaux réalisés. Eloquent, le titre Lettres de misarchie emprunte à la fois aux Lettres persanes de Montesquieu et au Voyage en misarchie d’Emmanuel Dockès pour cerner ce propos de fiction brouillant les frontières entre le réel et l’imaginaire ou, plus simplement, estompant les frontières tout court. On pense à l’installation Territoire poétique et périphérique du Belge Maxence Mathieu. L’oeuvre se présente comme une carotte géologique prélevée au Canada et déplacée sous nos latitudes. Cette déterritorialisation effective présentée sous un mât et un drapeau interpelle le visiteur à deux pas du portrait officiel de Jérôme Caron, représentant du ministère des Affaires étrangères du gouvernement du Canada. Bref, une délectable perturbation des hiérarchies et des structures symboliques qui soutiennent notre représentation du monde.

Au BPS22, à Charleroi, jusqu’au 12 septembre.

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