Les secrets du Collège Cardinal Mercier

L’historien Xavier Cambron connaît le Collège Cardinal Mercier comme sa poche. Il publie son premier ouvrage sur cette institution réputée du Brabant wallon. Entretien avec un érudit pince-sans-rire.

 » Si ce collège m’était conté, à la découverte des racines de notre école « , de Xavier Cambron. Edité chez Idée Lumineuse. Sortie en mai, 22 euros.

Le Vif/L’Express : Pourquoi être parti à la découverte des racines du Collège Cardinal Mercier ?

Xavier Cambron : Je souhaitais alimenter une caisse de solidarité destinée à aider certaines familles en difficulté à régler leurs frais scolaires. Depuis le mois de septembre, j’observe que de plus en plus de familles connaissent des difficultés financières. J’avais envie de les aider. Et comme l’écriture est l’un de mes seuls talents… Si nous vendons les mille exemplaires qui seront édités, cela permettra à une trentaine d’élèves de suivre leur cursus normalement pendant trois ans.

Que raconte ce livre ?

L’idée était d’aller un peu plus loin que la vingtaine d’articles que j’avais écrits sur l’histoire de l’école et d’aborder certaines questions sous un angle différent. Je voulais retraverser l’histoire du Collège sous sept angles différents.

Quels sont-ils ?

Au travers par exemple du regard d’employés que l’on n’entend jamais, tels que des religieuses, des femmes d’ouvrage ou des ouvriers. La question de l’évolution de la liberté d’expression au sein de l’établissement est aussi abordée. J’évoque également la mobilité avec les premiers bus scolaires, la présence de Dieu dans l’école, la guerre 1940-45 avec le déménagement en France ou encore la présence de l’eau. Savez-vous que l’école possède sa propre source et vit en autarcie sur ce point ? L’idée est, à l’avenir, de compléter ce livre par deux autres ouvrages et de continuer à aborder l’histoire de l’école sous d’autres angles, comme l’internat ou l’unité scoute du collège.

Quelles sont ses spécificités ?

Notre école possède une volonté d’ouverture. Elle ne vit pas refermée sur elle-même, entourée de murs et de clôtures. Il s’agit d’un choix pédagogique effectué dès 1924, lors de sa fondation. Nous voulons un collège à la campagne où règne la confiance, le tout dans un système pavillonnaire (NDLR : il y a 18 bâtiments). L’école s’étend sur 15 hectares et compte 2 940 élèves, ce qui en fait l’établissement le plus important du Brabant wallon. Nous comptons aussi près de 32 000 anciens. Dont Charles-Ferdinand Nothomb, Jean-Michel Folon, Vincent Engel, Jaco Van Dormael, Jean-Paul Philippot, Alain Gerlache…

Qu’est-ce qui vous passionne dans l’histoire du collège ?

C’est sentimental. Je lui suis reconnaissant d’avoir accueilli mon père pendant la guerre. Il serait mort sinon. Je crois aussi beaucoup en cette institution. C’est une des plus connues de Belgique, même si elle est moins médiatisée que Saint-Michel ou Saint-Pierre. C’est donc une grande fierté d’en faire partie.

L’histoire de l’école et de votre famille sont intimement liées…

J’ai de la famille présente ici depuis 1927. Mon grand-oncle, Mgr Devroede, est rentré à ce moment-là comme élève, avant de devenir professeur puis directeur. J’ai suivi le même parcours. Mon père a fait ses études ici, ses frères également, mes enfants y sont actuellement, mon épouse y travaille, des neveux, etc. Finalement, il y a toujours eu un Cambron au collège depuis 1927 !

PROPOS RECUEILLIS PAR XAVIER ATTOUT

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