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Les cris de la Chouette

Le Vent dans les roseaux prolonge en beauté la série d’animation pour jeune public d’Arnaud Demuynck. Une ode à la liberté.

Perchée sur sa branche, sur l’écran du cinéma, la Chouette accueille les spectateurs, petits et grands, et leur présente le spectacle à venir. Le jeune public (à partir de 3 ans) connaît déjà le sympathique animal choisi par Arnaud Demuynck pour lier et commenter les courts métrages des programmes qu’il réalise avec d’autres artistes. Le Vent dans les roseaux est le troisième du genre et déploie sereinement des charmes narratifs et visuels propres à séduire par-delà les différences de cultures comme de générations.  » La Chouette est une sorte d’alter ego, qui s’adresse aux enfants exactement comme je le ferais moi-même « , explique le réalisateur et producteur belge qui en a eu l’idée après avoir présenté à de nombreuses reprises des projections du programme Le Parfum de la carotte voici quelques années. Le choix de l’oiseau nocturne s’est fait en référence à la mythologie grecque :  » C’est l’animal totem d’Athéna, la déesse protectrice d’Athènes, le berceau de notre culture.  »

Dans ses choix de sujets et de collaborateurs artistiques pour les programmes de la Chouette, Arnaud Demuynck se veut  » porteur d’un regard, qui n’est pas de totale innocence face au monde mais qui a de la fantaisie, de la poésie, de la couleur « . L’histoire du Vent dans les roseaux, il l’a imaginée pour sa fille de 4 ans et demi (elle en a 10 maintenant, le cinéma d’animation est un long processus…).  » Nous écoutions la radio et on y parlait des printemps arabes. Elle m’a demandé ce que c’était. J’ai essayé de lui expliquer la désobéissance civile, l’insoumission, de bien grands mots pour un enfant de cet âge-là… Alors, je lui ai écrit un conte, où un roi interdit la musique et où le peuple se rassemble pour la libérer.  »

De vrais dessins animés

Le Vent dans les roseaux exalte aussi, en plusieurs courts récits, des figures de jeunes filles refusant les chemins tout tracés pour s’affirmer. Pas sans rapport non plus avec l’évolution du monde !  » Il n’est pas anodin que ce soient toutes des héroïnes, en effet, sourit notre interlocuteur, et qu’on voie notamment une petite princesse qui en a assez des froufrous roses et veut jouer au chevalier…  » La personnalité des programmes de la Chouette s’exprime aussi dans les choix esthétiques. Pour Le Vent dans les roseaux, l’option – relayée par l’auteur graphique Nicolas Liguori, qui vient des arts appliqués – fut de  » travailler l’image d’abord au trait, puis en valeurs de gris au fusain, et ensuite seulement avec une palette de couleurs « .  » Tous les décors sont peints à la gouache sur papier, insiste Arnaud Demuynck. La dimension picturale de l’image est importante pour nous car nous aimons plonger les enfants dans un univers riche, où on sent les matières, un univers tactile, de proximité, très sensoriel en fait.  » Et c’est pourquoi la Chouette n’accueille que des films en 2D, de vrais dessins animés. Lesquels, coproduits avec la France, la Suisse mais aussi la Communauté flamande, connaissent une diffusion internationale tout en se déclinant aussi en livres (papier et Internet) et en expositions.

Le Vent dans les roseaux, d’Arnaud Demuynck et Nicolas Liguori, sortie le 25 octobre.

PAR LOUIS DANVERS

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