Les championnes du  » bien vivre « 

Une villa flambant neuve ou une fermette rénovée, bien au calme. Le tout au vert, mais près d’un axe autoroutier qui mène rapidement au boulot, à la ville et à ses services… Si l’on en croit les spécialistes, c’est cela le  » bonheur de vivre  » tel qu’on le conçoit dans notre pays. Ceux qui ont piloté l’étude présentée ici s’empressent toutefois de relativiser le tableau : une femme divorcée, malade et sans emploi est-elle plus heureuse parce qu’elle habite Chaumont-Gistoux, l’une des communes stars de notre palmarès, que sa cousine du Borinage, cadre d’entreprise et mariée ?

Toute la Belgique dans cette troisième édition

Le Vif/L’Express a déjà publié à deux reprises un classement du niveau de vie des communes réalisé sur une base scientifique. En juin 2003, puis en juin 2005, faute de données suffisantes pour l’ensemble de la Belgique, nous avions limité l’exercice à la Wallonie et à Bruxelles.  » Pour la première fois, nous disposons d’une vaste palette de données communes aux trois Régions du pays « , signalent Thierry Eggerickx et Jean-Paul Sanderson, du Groupe d’études de démographie appliquée de l’UCL (GéDAP), qui a établi les classements publiés dans ces pages. Au total, un ensemble de 44 indicateurs reflétant les conditions de vie dans les 589 communes du pays.

Les résultats les plus frappants ? Schilde, près d’Anvers, est la championne du classement de la qualité de vie en Belgique (lire p.159). Dans le top 10 national figurent pas moins de 9 communes de Flandre et une seule de Wallonie, Lasne, qui  » cartonne  » grâce au standing de ses habitations. Dans le top 10 Wallonie-Bruxelles du  » bien vivre « , le Brabant wallon se hisse aux quatre premières places, devant les communes liégeoises de Nandrin et Neupré et la bruxelloise Woluwe-Saint-Pierre. Mais certains indicateurs ne reflètent pas tout à fait la situation réelle : des données comme le revenu des eurocrates, nombreux au sud-est de Bruxelles et en Brabant wallon, échappent aux statisticiens, ce qui fausse quelque peu les résultats.

Saint-Josse-ten-Noode, la plus petite commune du pays, reste, elle, la lanterne rouge du palmarès. C’est aussi, devant Engis, en province de Liège, la commune qui compte la plus grande proportion d’habitants insatisfaits de leur environnement.

Comme Lasne, La Hulpe et Waterloo sont désormais trop chères pour bien des bourses, les jeunes ménages s’éloignent toujours plus de la capitale. Cette périurbanisation récente emprunte la E 411 vers Namur, et la E 42 en direction de Liège. Les villes wallonnes ont aussi leurs banlieues aisées, tandis que les zones frontalières continuent à tirer un bénéfice de leur proximité avec les Pays-Bas, l’Allemagne et le Grand-Duché. Attert, près d’Arlon, décroche la palme d’or économique (revenu par habitant) et arrive à la 9e place du classement du  » bien vivre  » Wallonie-Bruxelles.

Le Hainaut en queue de peloton

En revanche, le voisinage avec la France ne produit pas le même effet. Les communes hennuyères sont nombreuses en queue de peloton. C’est aussi en Hainaut que se situent les communes wallonnes où l’on relève la plus faible proportion d’habitants se disant en bonne santé. Vresse-sur-Semois (province de Namur), près de Bouillon, enregistre, elle, la moyenne d’âge la plus élevée du sud du pays. Mais certains quartiers de l’entité sont sensiblement plus  » jeunes  » que d’autres. Car les contrastes au sein d’une même ville ou d’un village sont au moins aussi importants qu’entre les communes. O.R.

O.R.

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