Lecteurs MP3 : l’indispensable gadget

Derniers-nés de la famille  » baladeurs « , les lecteurs MP3 réunissent tous les avantages de leurs prédécesseurs, sans les inconvénients. Pratiques, beaux, légers, ils offrent jusqu’à 15 000 titres, ou 18 heures de lecture ! Mais la gamme est grande et le choix, difficile

Pour le profane, l’achat d’un lecteur MP3 est un parcours du combattant, parsemé d’embûches techniques, et corsé par une terminologie impénétrable. On vous parlera mémoire, capacité, formats de fichiers, on vous proposera le shuffle, le podcasting, les mémoires flash, la clé USB… Et vous avez une chance sur deux de ressortir avec la bête de course alors qu’un gentil petit lecteur MP3 tout simple vous suffisait. Voici donc quelques conseils pour vous en sortir, et vous offrir un lecteur conforme à vos attentes et au volume de votre portefeuille.

1ère éTAPE : C’EST QUOI UN LECTEUR MP3 ?

Le lecteur MP3 est le dernier-né de la génération  » baladeurs « . Son ancêtre le plus connu est le meilleur ami des joggeurs, le camarade adoré pour les voyages scolaires, l’indispensable Walkman, lancé par Sony. Ses inconvénients majeurs : le rembobinage qui distendait les bandes, et la lecture séquentielle des morceaux (impossible d’aller directement à une chanson, il fallait écouter toutes les précédentes… Ou bobiner). Ensuite, il y a eu le lecteur-CD portable. L’avantage du CD sur la cassette était évidemment la possibilité de passer directement d’une chanson à l’autre, d’une simple pression sur un bouton. Mais le lecteur CD avait un gros défaut (en dehors de son volume encombrant) : essayez donc d’écouter un CD en secouant bien fort le lecteur (comme pendant un jogging)… Avec le lecteur MP3, tous ces problèmes sont réglés !

Très peu volumineux (la taille varie de celle d’un briquet à celle d’un petit carnet, en fonction du modèle), il ne  » saute  » pas, et surtout, comme il fonctionne avec des fichiers informatiques (les fameux MP3), vous pouvez modifier la liste d’écoute ( playlist) aussi souvent que vous le voulez, sans perdre de données ni de place dans la mémoire de l’appareil.

2e éTAPE : DéFINIR LES BESOINS.

La gamme recouverte par le terme  » lecteur MP3  » est incroyablement étendue. Elle va du simple lecteur, qui ne fait que jouer des fichiers musicaux, aux appareils plus sophistiqués, qui permettent de jouer de la musique, lire des vidéos, consulter des photos, écouter la radio, stocker vos données… Et qui sont évidemment plus chers. C’est donc à vous de déterminer quel est l’usage que vous comptez faire de l’appareil. Avez-vous simplement besoin d’un baladeur pour écouter de la musique ? Voulez-vous pouvoir vous en servir comme clé USB (un genre de  » grosse disquette « , qui se branche sur le port USB de votre ordinateur et sur lequel vous pouvez stocker des fichiers textes, par exemple) ? Souhaitez-vous aussi visionner des vidéos, des photos, des diaporamas ? Ecouter la radio ? Pensez également que plus l’appareil a de fonctions, plus il est cher et plus il est difficile à configurer pour l’utilisateur lambda.

3e éTAPE : CHOISIR L’APPAREIL.

Le choix de l’appareil devra prendre en compte trois paramètres : la mémoire (taille et possibilité ou non de l’augmenter), les fonctionnalités proposées, et la batterie.

La mémoire

La mémoire d’un lecteur MP3 est comparable au disque dur d’un ordinateur. Elle s’exprime avec la même unité de mesure : l’octet (ou byte). Actuellement, la capacité minimale d’un lecteur MP3 se situe aux alentours de 128 mégaoctets (Mo), et les plus récents peuvent contenir jusqu’à 60 gigaoctets (1 Go = ± 1 000 Mo). En moyenne, on comptera 1 à 2 Mo pour une minute de musique. Donc un lecteur MP3 avec une mémoire de 128 Mo pourra stocker environ 60 chansons, soit trois heures d’écoute. 256 Mo stockeront 120 titres, soit six heures, etc.

Certains fabricants de lecteurs MP3 offrent la possibilité d’augmenter la capacité de leurs appareils grâce à des cartes additionnelles, vendues séparément. Cette possibilité peut s’avérer fort utile si l’appareil est fourni avec une mémoire  » de base  » trop restreinte. De plus, certaines cartes mémoire peuvent servir pour plusieurs appareils : lecteur MP3, camera, appareil photo numérique… C’est le cas des cartes SD (Secure Digital), qui devraient devenir un standard en matière de cartes mémoires pour appareils numériques. Si vous souhaitez uniquement pouvoir écouter de la musique, 256 Mo sont suffisants, même si 512 Mo offrent un confort supplémentaire. Le problème des lecteurs ayant une mémoire de 128 Mo est qu’il est difficile d’y stocker une liste d’écoute suffisamment étendue pour éviter l’effet  » cassette « , où on sait dire par avance quelle chanson viendra après celle qu’on écoute en ce moment. Plus la mémoire est étendue, plus vous aurez la possibilité de renouveler vos listes d’écoute et plus l’appareil sera onéreux. Si, par contre, vous souhaitez vous servir de votre lecteur MP3 comme espace de stockage pour vos données (clé USB) pour transférer, par exemple, vos données d’un ordinateur à l’autre, commencez directement avec les mémoires supérieures ou égales à 512 Mo, ce qui équivaut à peu près à la contenance d’un petit CD gravé.

Il existe des lecteurs d’entrée de gamme (128 Mo) à partir de 25 euros, qui permettent uniquement l’écoute de fichiers musicaux. Pour 256 Mo, comptez entre 40 et 60 euros. Pour 512 Mo, entre 60 et 90 euros. A partir du Go de mémoire, rares sont les lecteurs qui n’offrent que la fonction d’écoute, ils sont également quasi tous clé USB. Dès lors, les prix peuvent varier très fortement d’une marque à l’autre, en fonction de critères parfois discutables (apparence extérieure, notoriété du constructeur…).

Les fonctionnalités

Dans ce cadre, on distinguera trois catégories de lecteurs : les lecteurs simples, les clés USB et les multifonctions. Les lecteurs simples – généralement les moins chers – ne servent qu’à jouer les fichiers musicaux. La plupart refusent, en effet, les fichiers autres que musicaux (textes, images…) et risquent, s’ils en rencontrent un dans leur liste, de bugger (un bug est une erreur informatique).

Les clés USB, quant à elles, équipent à présent la majorité des lecteurs MP3. Dans la plupart des cas, le lecteur se présente sous la forme d’un  » stick « , un peu plus long qu’un briquet. Une de ses extrémités peut être constituée d’une  » prise  » femelle, large et plate, dite USB, et qu’il conviendra de brancher dans le port idoine de votre ordinateur. Si cette  » prise  » n’est pas présente sur l’appareil, il sera fourni avec un câble spécial, permettant sa connexion à l’ordinateur (une extrémité large et plate, qui ira à l’ordinateur, et une plus petite, qui ira à l’appareil). Souvent, le chargement des fichiers sur l’appareil s’effectue par simple glisser-déplacer, dans l’explorateur de votre système d’exploitation, comme si votre lecteur était un disque dur supplémentaire (il apparaît d’ailleurs comme tel).

Certains modèles permettent le chargement de fichiers  » en vrac « , et évitent automatiquement en cours de lecture les fichiers non musicaux (textes, tableurs, images…). D’autres, par contre, réclament le classement des fichiers : musique d’un côté, données de l’autre. Dans ce cas, les chansons classées dans le  » mauvais  » dossier ne seront pas lues, et les données classées dans le dossier  » musique  » risquent de provoquer une erreur. En soi, cela ne complique pas tellement l’utilisation de l’appareil, il suffit de prendre l’habitude de bien classer les fichiers. Evidemment, la place occupée par vos données est perdue pour la musique ! Ces lecteurs sont généralement un rien plus chers, mais pour la plupart des utilisateurs, l’investissement est vite rentabilisé.

Enfin, derniers mais non des moindres, les lecteurs multifonctions. Il s’agit de lecteurs MP3, mais qui permettent bien d’autres applications multimédias : stockage de données, projection de diaporamas, d’images, de vidéos,… Les possibilités sont quasi illimitées. Ils sont généralement dotés d’un écran couleur à plusieurs lignes, et d’un système de navigation par boutons (gauche/droite/haut/bas/ valider). Leur capacité dépasse souvent de loin celle des autres lecteurs, avec des mémoires rarement inférieures au gigaoctet (le maximum actuel étant de soixante gigaoctets). Leur gamme de prix commence à une centaine d’euros, et n’a pas vraiment de limite supérieure (certains peuvent coûter jusqu’à 700 euros).

La batterie

Deux types d’alimentation sont proposés : piles ou batterie.

Les piles, qui constituent la source d’alimentation de la majorité des lecteurs, doivent souvent être achetées à part. Les appareils fonctionnant sur batterie sont comparables à des GSM : on les recharge en les branchant sur le secteur. Généralement plus chers à l’achat, ils sont pourtant rapidement rentabilisés par rapport aux appareils à piles.

Deux types de batteries existent : au nickel (Ni-Mh) et au lithium (Liion). Les premières, qui se font rares, doivent être totalement déchargées avant d’être mises en charge. Les secondes peuvent être rechargées à n’importe quel moment, sans risque de diminution de la durée de fonctionnement. Cela tient au phénomène de  » mémoire chimique  » : si on recharge une batterie au nickel alors qu’elle n’est pas totalement vide, à partir d’un certain nombre de recharges, la quantité qui était encore utilisable finira par être ignorée et perdue. La plupart des batteries ont une durée de vie d’environ deux ans. Tout dépend évidemment de l’utilisation de l’appareil : allumages et extinctions à répétition, utilisation des jeux, lecture de vidéos, toutes ces actions requièrent des modifications fréquentes de l’écran, et donc augmentent la consommation d’énergie.

Outre la mémoire, les fonctions et la batterie, il faut également être attentif aux formats de fichiers reconnus par l’appareil : les plus fréquents sont le MP3, le WMA, l’OGG, et l’AIFF. Si tous les lecteurs acceptent les fichiers MP3, la prise en charge des autres formats varie fortement d’un appareil à l’autre. Le WMA, par exemple, qui est un format propriété de Microsoft ( » Windows Media Audio « ), n’est pas reconnu par les iPods (produits par Apple). Par contre, ces lecteurs utilisent le format AAC, qui n’est pris en charge par aucune autre marque.

Catherine Graas

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