L’école du bonheur à Enghien

Barbara Witkowska Journaliste

Treize jours de master classes, concerts d’élèves et d’artistes… D’année en année, les Rencontres internationales musicales d’Enghien prennent du volume. Pour le vingtième anniversaire, leur nom s’abrège en Imuse.

Vous connaissez l’édifice, sublime entre tous, du château d’Enghien, mais vous n’y avez pas souvent mis les pieds. Cet écrin formidable de style Louis XVI donne, aussi, des airs de merveille à la musique classique, et les Rencontres internationales musicales, rebaptisées donc Imuse, sont l’occasion d’y entrer.

Cette belle aventure a démarré il y a pile vingt ans, lorsque le pianiste Olivier Roberti, originaire d’Enghien, a eu la lumineuse idée de faire profiter de ce lieu d’exception des artistes  » en devenir « , au seuil de leur carrière, en leur donnant l’occasion de s’y perfectionner avec des professeurs de très haut niveau. Créer des master classes dans une  » petite  » ville est une gageure et il faut s’appuyer sur une structure bien solide. Olivier Roberti est rejoint par Blanche d’Harcourt, pianiste de belle réputation et amie de Seiji Ozawa, le grand chef japonais. Douée d’une véritable exigence, de droiture artistique et de cohérence dans le choix des artistes, Blanche prend les rênes de la direction artistique. Brigitte Mahaux, ex-productrice et présentatrice de la RTBF, passionnée de pédagogie, se charge de la coordination.

Dès le début, des grands noms accompagnent la nouvelle génération : les violonistes Philippe Hirschhorn et Viktor Pikaizen, le pianiste Jean Fassina, le violoncelliste François Guye et la mezzo-soprano Mitsuko Shirai. Chacun apporte à l’élève sa sensibilité particulière, lui inculque la recherche de la finesse musicale et la quête d’une évolution constante. Lorenzo Gatto a fait ses armes à Enghien et raconte :  » Les Rencontres ont été mon premier grand plongeon dans le monde international du violon. Je me souviens comme si c’était hier de ma rencontre avec Viktor Pikaizen et le curieux mélange de fascination et de terreur qu’il provoqua en moi lors des master classes ! C’est ce genre d’expérience qui suscite en un jeune musicien une ambition véritable et qui lui fait prendre la mesure de la rigueur requise, pas toujours présente dans nos conservatoires…, ainsi que du bonheur qui l’accompagne. L’ambiance familiale et le soutien que j’y ai reçus ont fait naître en moi un attachement à ce festival depuis le début. « 

Les master classes sont ouvertes au public tous les jours de 10 à 18 heures. On peut assister ainsi, à son rythme, à l’émergence de la musique classique de demain, dans un cadre exceptionnel, imprégné d’esprit d’écoute, de respect et de partage. Une myriade de concerts proposés en soirée verra défiler la belle programmation de l’édition 2012. Les violonistes Philippe Graffin et Ksenia Dubrovskaya, accompagnés de l’altiste Matthias Buchholz, dédieront le concert d’ouverture à Brahms et Chausson.

On souligne la belle présence de la violoniste Miriam Fried (première lauréate féminine du concours Reine Elisabeth, en 1971), entourée d’un alto, d’un violoncelle et d’un piano dans un programme Mozart, Beethoven et Fauré. Et en concert de clôture, on va forcément écouter le baryton Stephen Salters et la mezzo-soprano Mitsuko Shirai, deux géants et grandes personnalités. Lors du même concert, il faudra aussi compter avec le talent des maîtres de stage et des stagiaires. Venez à Enghien !

Du 17 au 29 août, informations et réservations : 0479 300 400, info@musicalenghien.com, www.musicalenghien.com

Barbara Witkowska

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