Le secondaire prépare-t-il bien à l’enseignement supérieur ?

Quarante pour cent des étudiants échouent en première année d’université et vingt autres pour cent renoncent. Un constat qui pose question.

Là où les écoles professionnelles préparent à un métier, les établissements d’enseignement secondaire général sont censés mener leurs élèves aux études universitaires. Evaluation.

Premier constat : le nombre d’échecs en première année de bac, toutes universités et orientations confondues, est alarmant. En moyenne, 60 % des étudiants échouent ou abandonnent en première année à l’université (1). Second constat : de nombreuses lacunes sont pointées dans des matières fondamentales, notamment en mathématiques et en français. Dès lors, il faut se demander si ces carences peuvent être imputées, du moins en partie, à une préparation insuffisante dans les écoles secondaires. Petit tour d’horizon.

Les matières vues dans le cycle secondaire ne permettent pas toujours aux étudiants de suivre correctement le cursus universitaire qu’ils ont choisi. Anne, mathématicienne et assistante à l’université de Liège (ULg), explique :  » Nous sommes obligés de revoir des éléments de mathématiques de base avec nos étudiants de première bac. Certaines lacunes remontent même parfois jusqu’à la quatrième secondaire !  » Ce n’est cependant pas le cas dans toutes les facultés. Les étudiants ingénieurs civils, par exemple, ont beaucoup moins de difficultés avec les matières fondamentales. Et pour cause, pour accéder à cette filière, un examen d’entrée permet déjà un tri pour sélectionner ceux qui ont des acquis solides. Cependant, le taux d’échec reste impressionnant, même dans les facultés dites d’élite.

Faut-il dès lors s’interroger sur la méthode de travail apprise en secondaire ? Selon Michel Xhonneux, assistant pédagogique à l’ULg et ancien professeur de secondaire ,  » à l’heure actuelle, l’ordre donné aux enseignants, notamment lors des visites des inspecteurs, est de voir tout le programme. Voir tout, un petit peu. Alors que, pour préparer au supérieur, il faut voir moins, mais mieux, beaucoup mieux. Il faut enseigner l’excellence, car c’est ce à quoi les étudiants seront confrontés « .

En effet, la difficulté majeure à laquelle les étudiants sont confrontés est le niveau d’exigence du supérieur. Le Pr Jean-François Guillaume, sociologue à l’ULg, explique qu' » ils ont beau faire des synthèses, relire et mettre du fluo un peu partout, ils ne savent pas s’ils étudient bien. Ils n’ont pas la moindre idée des exigences des professeurs. Cela se découvre en janvier avec les premiers examens. Et c’est souvent trop tard pour redresser la barre « .

(1)  » L’échec en première Bac : une fatalité ?  » Pr. Nadine Meyskens, Fucam Liaisons, 46, septembre 2007, 12-15.

Par Audrey Pivato (INSTITUT DE JOUNALISME)

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