Le retour gagnant de l’achat groupé sur le Web

2011 pourrait bien être l’année de la consécration pour l’achat groupé sur Internet. Le précurseur américain Groupon est la success story du moment, signant une croissance encore plus rapide que les  » ancêtres  » eBay, Amazon ou Facebook. Et chez nous, Groupolitan démarre sur les chapeaux de roue.

Peut-être avez-vous reçu à l’occasion des fêtes un chèque-cadeau acheté au rabais sur Groupon, Groupolitan ou Promocity ? Ne soyez pas vexé, c’est tout simplement à la mode. La probabilité que vous n’ayez pas encore entendu parler de ces sites de social buying est en effet de plus en plus faible. Groupolitan.be, fondée cet été à Bruxelles, a déjà dépassé allègrement la barre des 100 000 inscrits à sa lettre d’information, qui propose chaque jour un  » deal  » à un prix raboté d’au moins 50 % : restos branchés, expos ou spectacles, soins divers, baptême de l’air, etc. La seule condition : se décider rapidement, les sites misant clairement sur la durée limitée de l’offre, 24 ou 48 heures, pour stimuler les achats impulsifs !  » Nous dépassons régulièrement les 600 ventes par jour « , indique Laurent Jacob, l’un des trois fondateurs de Groupolitan. Ce journaliste économique français, qui a fait fortune sur le Web en revendant ses  » bébés  » Boursier.com et Newsweb, n’a plus l’âge ni le besoin de gonfler les chiffres comme l’ont fait trop d’e-entrepreneurs avant lui, mais il se dit lui-même surpris par  » l’explosivité  » du social buying , bien supérieure à ce qu’il a pu connaître pour le Web éditorial par exemple.

Puissance d’Internet et contexte de crise

Installée au milieu des villas et ambassades cossues de l’avenue Roosevelt à Bruxelles, la start-up connaît en effet un démarrage éclair : six mois après sa création, elle emploie déjà 18 personnes (essentiellement des commerciaux qui négocient des offres alléchantes auprès des commerçants). Le chiffre d’affaires mensuel rien que pour Bruxelles dépasserait déjà les 70 000 euros. Ciblant un public urbain qui aime sortir, Groupolitan couvre également Anvers, Gand, Liège et Namur, en attendant Tournai, Charleroi, Courtrai ou Mons. La Belgique fait figure de marché test, avant une internationalisation imminente d’abord vers la France, au-delà de Paris, et les Pays-Bas.

Une première vague de sites Web d’achats collectifs, au début des années 2000, n’ont jamais rencontré le succès escompté, car trop complexes et offrant peu de garanties de réductions majeures. Alors pourquoi les achats groupés sur le Web seraient-il LA tendance 2011, à en croire la Fédération française du e-commerce et de la vente à distance ? Le timing apparaît idéal. Primo, sur fond de crise économique, les consommateurs sont de mieux en mieux entraînés dans  » leur chasse aux bonnes affaires « . Secundo, les réseaux sociaux et en particulier Facebook, avec lequel les sites de social buying sont bien imbriqués, sont réellement entrés dans les m£urs. Non seulement, il est facile d’avoir l’impression d’acheter malin, mais il est encore plus facile de convaincre d’autres de le faire.

 » Notre modèle est pérenne car on ne vend pas des produits au rabais mais des « événements ». La quasi-totalité de nos acheteurs veulent revenir. Quant aux commerçants, ils disposent d’un outil de notoriété unique qui, contrairement à la pub, leur permet de recruter des clients, et non pas des prospects, sans puiser dans leur trésorerie « , martèle Laurent Jacob.

OLIVIER FABES

LA DURÉE DE L’OFFRE EST LIMITÉE, POUR STIMULER LES ACHATS IMPULSIFS

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