Le rattrapage continue

Les prix se lissent dans cette province considérée comme la moins chère de Belgique.

Figure bien connue des spectateurs de l’émission Une brique dans le ventre, sur la RTBF, la notaire Françoise Mourue plante directement le décor.  » Quand on écoute les notaires, on a vraiment l’impression que le marché s’essouffle. Mais, dans les chiffres, cela ne se vérifie pas. Cette impression est sans doute due au fait que les ventes prennent en effet un peu plus de temps. Mais on constate toujours une nette progression des prix, tant au niveau des immeubles bâtis qu’au niveau des terrains.  » Voilà qui remet les pendules à l’heure.

Bien entendu, scruter le marché hennuyer sans tenir compte de ses disparités n’aurait aucun sens. Comparer les marchés de Mouscron et de Colfontaine, par exemple, c’est mettre en balance des terrains à bâtir à 95 et à 28 euros le mètre carré. Autant dire des pommes et des poires.  » Tant que les communes ne débloqueront pas de nouvelles zones à bâtir, il n’y a pas de raison que les prix n’augmentent plus « , poursuit Françoise Mourue.

Bien implanté dans la région de Charleroi, l’agent Michel Geneau, directeur de Century 21 Bureau Geneau, est un peu moins optimiste.  » L’époque où le propriétaire pouvait faire un « coup » est révolue, sauf exception. Il nous arrive même de refuser des biens, à l’heure actuelle. Quand on explique au vendeur que le prix qu’il demande est irréaliste et qu’il ne veut pas l’entendre, nous n’insistons pas. « 

Une maison pour 100 000 euros

Tout va bien, néanmoins, pour les maisons qui oscillent entre 80 000 et 100 000 euros. Celles qui atteignent 150 000 euros n’ont pas à se plaindre non plus. Dans les catégories de prix plus élevées, ça se révèle, en revanche, plus compliqué.  » Le marché ne s’est pas tassé, il s’est calmé « , précise Michel Geneau.

Le marché hennuyer n’en demeure pas moins singulier : dans quelle autre province peut-on trouver des biens aussi bon marché ? A Charleroi, le SPF Economie pointe un prix de référence de 117 000 euros pour les maisons unifamiliales. Et quand on se dirige vers Dour ou Colfontaine, on ne dépasse même pas les 100 000 euros.  » Pourtant, on note une hausse constante des prix dans la région de Mons, avec un volume de vente élevé « , relève Me Mourue. Le rattrapage est en marche.

Dans le Tournaisis, la proximité de la France continue de faire grimper les tarifs. D’après les statistiques fédérales, une maison mitoyenne se vend, à Tournai, autour des 160 000 euros. Mais, selon les notaires, une maison deux façades vaudrait en moyenne 137 000 euros vers Mouscron, 125 000 dans les alentours de Tournai et… 90 000 vers BerBernissart et Péruwelz. Quant aux quatre façades, on peut en trouver, selon Me Mourue, entre 150 000 et 250 000 euros dans le Hainaut. Qui dit mieux ? l

G. V.

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