LE MALAISE DE L’ENSEIGNEMENT

Le malaise voit ses racines dans les réformes des ministres Di Rupo et Onkelinx, ce malaise est identifié par le ministre Hazette qui lance les consultations en 2004, la ministre Arena établit le Contrat pour l’école et fait voter le décret Mixité, que le ministre Dupont essaie d’améliorer. Arrive enfin la ministre Simonet qui doit faire face au mécontentement des profs, des parents et des syndicats pour la situation existante. Les profs parce qu’ils se rendent compte que l’espoir d’être écoutés ne se réalise pas. Les parents parce qu’ils ont l’impression que la seule réponse au manque de qualité de l’enseignement est le décret Mixité que l’on pourrait résumer par  » au lieu d’offrir un nombre suffisant d’écoles qui correspondent aux demandes des parents, attribuons ces écoles de manière aléatoire ou selon des critères incompréhensibles et peu équitables « , les syndicats enfin qui se rendent compte qu’ils ont été trompés, par exemple quand ils ont  » échangé  » les licenciements massifs contre les DPPR (départs précédant les pensions de retraite).

Devant l’ampleur de la tâche, la ministre a paré au plus pressé. La deuxième version du décret Mixité étant à peine moins mauvaise que la première, elle l’a transformée en  » décret Inscription  » […] Malheureusement, ce décret diminue la mixité dans les écoles et en met plusieurs en danger de ghettoïsation. Le décret Robin des bois est un épiphénomène malheureux. […]

La ministre Simonet a en tout cas compris qu’il était urgent de prendre le temps. D’arrêter de décréter à tout-va, avec comme conséquence que l’on laisse son nom à un décret, mais que ce n’est pas de manière positive. Corriger les erreurs du passé est moins glorifiant, mais bien plus utile.

Dans la situation actuelle, il n’est pas réaliste, ni solidaire, de conserver un départ à la pension à 55 ans, alors que tous les citoyens devront travailler au-delà de 65 ans, ni de demander des moyens supplémentaires, qui ne tomberaient pas du ciel, mais qui seraient prélevés sur d’autres secteurs. La ministre n’avait pas d’autre choix que d’aménager les DPPR et de limiter la revalorisation salariale. Dommage que les syndicats n’aient pas relevé que cela se faisait d’une part en aménageant le fin de carrière (tutorat pour les plus jeunes enseignants) et en donnant priorité aux traitements les plus faibles. La solidarité n’est-elle plus une valeur syndicale ? […]

Je n’ai donc pas fait grève le 5 mai, comme bon nombre de mes collègues. Parce que pour la première fois depuis 2004, une ministre a le courage de remettre en cause ce que ses prédécesseurs ont mis en place. Parce que j’espère que la ministre Simonet va continuer sur sa lancée et supprimer toutes les mesures prises qui vont à l’encontre de la qualité de l’enseignement. Parce que je ne comprends pas les syndicats qui n’ont pas réagi pendant quinze ans et initient une action contre une ministre qui commence à agir dans le bien de l’enseignement. Parce que, à part le décret Inscription et le décret Robin des bois […] les actions de la ministre vont dans le bon sens, en tout cas pas dans le mauvais sens. Parce que les seuls points avec lesquels les syndicats ne sont pas d’accord dans la proposition d’accord sont deux points qu’il est impossible d’accorder (les DPPR et la revalorisation salariale) alors qu’il serait plus rentable d’identifier les dépenses inutiles ou mal maîtrisées. Parce que je crois en mon métier et que je reste convaincu que l’on pourra plus facilement améliorer la qualité de l’enseignement dans un esprit de partenariat que dans un esprit d’affrontement. […]

Il n’est pas donné suite aux lettres ouvertes ou portant des adresses incomplètes. La rédaction raccourcit certaines lettres pour permettre un maximum d’opinions.

XAVIER GUYAUX, ENSEIGNANT, PAR COURRIEL

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