Le FDF ? Qu’il reste à Bruxelles…

Michel Delwiche
Michel Delwiche Journaliste

Le FDF ne présente pas de candidats en Wallonie pour les prochaines élections. Pas cette fois-ci.

Le FDF compte déjà deux élus en Wallonie : un conseiller CPAS à Braine- l’Alleud, et Patricia Lebon, échevine à Rixensart depuis 1995. Aux communales de 2006, elle a été élue sur la liste NAP (Nouvelle alliance politique), qui a rejeté le MR dans l’opposition. Par contre, c’est sur la liste MR qu’elle était candidate (7e suppléante) aux dernières élections régionales.

 » Le FDF est une composante du MR, il est donc logique qu’il présente des candidats aux élections, estime-t-elle. Le problème du MR, c’est qu’il a rompu avec son ancienne étiquette, les anciens du PRL sont orphelins de leur sigle, puisque le MR c’est eux, mais aussi le parti dans ses autres composantes, le FDF et le MCC. C’est ambigu.  » Bruxelloise de naissance, elle se sent plus belge que wallonne et ne comprend pas que l’on ait pu choisir Namur comme capitale de la Wallonie.  » Nous n’avons pas assez d’ambition pour la Belgique « , lance-t-elle.

 » Pas de leçons à recevoir « 

Si la présence historique du FDF aux portes de Bruxelles n’a jamais suscité de questions, son intention de monter à l’assaut du reste de la Wallonie en a surpris plus d’un. Volonté de ramasser les miettes du Rassemblement wallon avec lequel il a fait route pendant des années ? Souhait de donner du MR une image plus sociale ? Toujours est-il que le président du MR laisse celui du FDF s’exprimer et mettre ses troupes en ordre de marche. Fin 2009, Olivier Maingain a installé des représentations FDF dans les provinces de Liège, de Namur (où il vient de recruter un conseiller provincial Ecolo), de Hainaut et de Luxembourg (avec une forte proportion de pensionnés bruxellois), pour répondre, a-t-il expliqué, à l’attente de  » bon nombre de Wallons qui prennent contact avec notre parti, notamment parce que nous exprimons au sein du MR une sensibilité sociale forte « .

Pas étonnant dès lors que Louis Michel, le père du libéralisme social, ait qualifié l’implantation du FDF en Wallonie de  » non-événement « , ajoutant que  » les libéraux n’ont pas de leçons à recevoir du FDF sur le plan social et humain « . Willy Borsus, chef de groupe au parlement wallon, qui avait critiqué la ligne imposée par Didier Reynders, était d’avis que ce projet n’offrait  » aucune plus-value « , qu’il s’agissait d’une  » mauvaise idée « . Il avait réclamé un débat au sein du MR sur ce thème mais, aux dernières nouvelles, il ne l’a toujours pas obtenu. Serge Kubla s’était déclaré  » profondément hostile « .

Pas de concurrence interne

En clair, pour les libéraux, le FDF, c’est bien, mais à Bruxelles, et qu’il ne vienne pas brouiller l’image du MR dans le sud du pays, où les positions du FDF et la saga BHV ne sont pas très bien ressenties. Surtout à l’heure où le mouvement, attaqué sur sa droite par le Parti populaire de Modrikamen et d’Aernoudt, voit son inquiétude s’amplifier au fil des sondages.

 » Il n’y a aucune volonté de concurrence à l’intérieur du MR, précise Christophe Verbist, chef de cabinet d’Olivier Maingain, et président de la nouvelle fédération FDF du Hainaut. Je faisais partie, à Jurbise, de la liste de la bourgmestre Jacqueline Galand [NDLR : autre contestataire du MR], et j’ai rencontré Olivier Chastel, le président hennuyer du MR. Ce que nous souhaitons, c’est pouvoir, comme le MCC, présenter des candidats étiquetés FDF sur les listes MR, pour les communales de 2012. Nous jouons loyalement le jeu.  »  » Le FDF, poursuit-il, est un parti qui défend la francophonie, bien sûr, mais qui surtout veut des synergies plus importantes entre Bruxelles et la Wallonie, également sur le plan économique. « 

Si le FDF ne présente pas de candidats wallons ce dimanche, les résultats de Didier Gosuin et Fatoumata Sidibe, candidats FDF au Sénat, permettront tout de même de tester la capacité électorale du parti amarante en Wallonie.

MICHEL DELWICHE

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