Le coup de gueule de Guy Vanhengel

Le gouvernement belge devra-t-il s’aplatir devant les banques et Electrabel ? Fortement agacé, le ministre fédéral du Budget (Open VLD) réagit.

Entretien: François Brabant

Le Vif/L’Express : L’actuel débat autour de la contribution des banques et d’Electrabel au budget de l’Etat n’illustre-t-il pas, avant tout, la faiblesse du pouvoir politique ?

>Guy Vanhengel : Quelle faiblesse ? Par rapport au secteur bancaire, nous sommes au contraire très fermes. Les banques contribueront à l’effort budgétaire, malgré ce que peuvent laisser penser les sorties mesquines de certains banquiers.

Vous faites référence à Jean-Luc Dehaene ?  » Ce sont les clients qui paieront au bout du compte « , a déclaré le président de Dexia, député européen CD&V et ancien Premier ministre.

> Cette déclaration était tout à fait maladroite. Surtout au moment où les banques annoncent qu’elles renouent avec les bénéfices, grâce à l’intervention des pouvoirs publics, qui les ont sauvées du gouffre il y a quelques mois à peine. Affirmer qu’on va répercuter sur les clients ne fût-ce qu’une toute partie de la participation à l’effort budgétaire, là où on pourrait répercuter ce coût vers les actionnaires, cela me sidère. Car les actionnaires auraient tout perdu si l’Etat n’était pas intervenu. Tout ! Mais la concurrence va jouer. Les banques ne vont pas pouvoir faire payer leurs clients aussi facilement. Je vais vous dire : si ma banque osait me faire un coup pareil, je changerais immédiatement de banque !

On vous sent très remonté contre un certain discours du monde bancaire.

> Les banques ont supplié l’Etat, c’est-à-dire le contribuable, d’intervenir. Le contribuable l’a fait. Et une fois que la situation s’est un peu stabilisée, c’est business as usual. S’ils ne peuvent octroyer un profit maximal à leurs actionnaires, les banquiers rouspètent aussitôt. C’est gros, hein !

Sur le nucléaire ?

> L’effort demandé au secteur énergétique, plus encore qu’au secteur bancaire, témoigne d’un volontarisme politique. Mais le culot et la prétention de certains m’agacent fortement.

Vous visez Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez ?

> Grave erreur de sa part.

N’est-il pas plutôt en train de man£uvrer habilement, dans le but de ne pas payer ?

> On verra. Ce n’est pas encore lui qui écrit les lois en Belgique.

ENTRETIEN : FRANÇOIS BRABANT

 » Ce n’est pas encore Gérard Mestrallet qui écrit les lois de ce pays « 

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