L’e-commerce encaisse enfin

Vincent Genot
Vincent Genot Rédacteur en chef adjoint Newsroom

Avec près de trois nouveaux sites marchands créés quotidiennement dans le pays et un doublement des ventes en 2005, la Belgique rattrape son retard en matière de commerce en ligne

Les Belges commencent à se familiariser avec le shopping sur Internet. Déjà en 2004, nous avions remarqué une très forte croissance, mais il semble maintenant que la confiance des internautes arrive vraiment à maturité.  » Directeur des ventes chez Ogone, Peter De Caluwe sait de quoi il parle. L’entreprise belge, leader européen des solutions de paiement – avec plus de 5 000 clients répartis dans 20 pays -, gère plus de 95 % des transactions financières générées par la vente à distance dans notre pays (les 5 % restants étant attribués à Banksys).  » En 2005, nous avons traité plus de 4 millions de transactions. Selon nos estimations, cela représente près de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires pour la vente à distance (e-commerce, vente par courrier et téléphone), contre moins de 250 millions en 2004 et à peine 140 millions en 2003. Cette dernière année, nous avons donc connu une croissance de 65 %.  » L’augmentation des achats en ligne s’expliquerait, entre autres, par la sérieuse progression des connexions Internet permanentes, la diminution du prix des ordinateurs, l’émergence d’une nouvelle génération de consommateurs ainsi que la multiplication des produits et des services proposés. Si, jusqu’à présent, les livres, les CD et les voyages étaient les maîtres achats (selon une étude d’Insites Consulting, 1,3 million de Belges auraient réservé de courtes vacances via Internet en 2004), des produits moins onéreux commencent à bien se vendre. Le  » ticketing  » (places de spectacle, de cinéma, de transport), par exemple, remporte un réel succès, au même titre que le rechargement en ligne de cartes GSM prépayées. L’étude d’Insites Consulting montre que l’internaute belge effectue plus fréquemment des achats en ligne. Au printemps 2005, le nombre moyen d’achats s’élevait, par utilisateur, à 2,4 par an. Cette moyenne est actuellement passée à 4 achats. Mais le prix moyen par transaction a régressé, pour la même période, de 144 à 133 euros. Au dire des spécialistes, cette diminution prouve qu’Internet devient progressivement un canal d’achat familier pour les consommateurs. Ceux-ci n’hésiteraient plus à y multiplier les petits achats.

Cependant, près de 40 % des sommes dépensées par les Belges dans l’e-commerce sont destinées à des sites étrangers.  » C’est le signe qu’il y a encore beaucoup de place pour les entrepreneurs capables d’analyser les besoins de nos compatriotes « , poursuit De Caluwe. Pour le directeur des ventes d’Ogone, un site comme Ready, qui permettait de commander ses courses alimentaires en ligne et de les récupérer dans des points d’enlèvement (une initiative de GB interrompue en 2001), aurait, aujourd’hui, toutes les chances de percer. Les consommateurs craindraient moins la fraude et accorderaient une plus grande confiance aux systèmes de protection des paiements.  » La sécurisation des transactions est notre axe de travail le plus important, continue De Caluwe. Pour rester opérationnels et, donc, travailler avec les standards émis par les grandes sociétés comme Visa ou MasterCard, nous réinvestissons chaque année de 15 à 25 % de notre chiffre d’affaires en recherche et développement.  » Cette veille technologique constante permet d’ailleurs à Ogone d’être un acteur important dans le prochain lancement d’un nouveau mode de paiement Internet basé sur le système Bancontact/Mistercash. Jusqu’ici, le consommateur ne pouvait régler ses achats sur le Net qu’avec une carte de crédit, ou plus rarement avec un système de home banking. En lui donnant la possibilité de payer avec sa simple carte Bancontact/Mistercash, les acteurs du commerce en ligne espèrent gonfler sérieusement leurs ventes. L’argument pourrait, en tous les cas, séduire une partie des 80 % de Belges qui n’ont jamais effectué d’achat sur Internet. l

Informations : www.ogone.be et

www.insites-consulting.com

Vincent Genot

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