Le bide des sciences

Les jeunes boudent les filières scientifiques . Pour contrecarrer cette désaffection, il faudrait réviser notre pédagogie, selon un nouveau rapport.

La mariée est belle. Alors, pourquoi lui tourner le dos ? Un rapport récent, réalisé par le département de l’Education et technologies des Facultés universitaires de Namur (1), scrute les raisons pour lesquelles les jeunes refusent d’entamer des études scientifiques et techniques. En 2006, elles n’avaient attiré que 20,1 % des inscrits, le pourcentage le plus faible de ces dix dernières années.

Imaginons un rhétoricien qui hésite à choisir ses études. Premier frein : l’image, mauvaise, des sciences n’est pas de nature à le séduire. Il risque aussi d’être effrayé à l’idée de se lancer dans des études réputées exigeantes. Sans parler de tous ceux qui, n’ayant pas suivi l’option  » maths fortes  » dans le secondaire, sont convaincus de leur faible probabilité de réussite. Par ailleurs, les parents, les jeunes, voire les professeurs (y compris universitaires) ignorent, généralement, les multiples débouchés professionnels ouverts aux futurs diplômés. Or devenir prof ou chercheur – profession liée à l’image des études scientifiques – n’emballe pas forcément. Bref, il semble plus difficile d’évaluer le sens ou l’utilité des filières scientifiques et, donc, d’oser s’y lancer. Voilà pourquoi elles font un bide.

Comment renverser la tendance ? Passons sur l’idée, déjà classique, de rapprocher davantage le monde de l’entreprise de l’enseignement. Plus fondamentalement, selon les auteurs du rapport, il serait temps de réformer l’enseignement des sciences, du primaire à l’université.

Ces réformes – urgentes ?- passent, par exemple, par une pédagogie qui développerait plus systématiquement l’apprentissage via la résolution de problèmes. Ou par l’instauration d’une mise à niveau des étudiants à l’entrée du supérieur. Et par la révision, déjà entamée par certaines facultés, des programmes, qui englobent des cours moins abstraits. Le tout en réhabilitant, auprès de tous, les sciences, médias y compris :  » A la télévision française, lors d’un récent débat sur le développement durable se trouvait tout un groupe d’invités… mais pas un seul scientifique « , s’étonne l’auteur du rapport, le Pr Marc Romainville. l

(1) A la demande d’Essenscia Wallonie, émanation de la Fédération des industries chimiques et des sciences de la vie.

P.G.

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Partner Content