Le baromètre mensuel

La flambée pétrolière va-t-elle handicaper la reprise… qui se confirmait ? Face à une telle incertitude, l’investisseur n’a guère le choix : il doit jouer la prudence

Les tensions croissantes autour du cours du pétrole ne contribuent pas à éclaircir l’horizon financier. Et malgré la hausse prévisible des taux, celle-ci est trop faible pour justifier de grands bouleversements de portefeuilles. En matière de revenus à taux fixe, il faudra donc encore et toujours se contenter de peu. Et être particulièrement attentif à son portefeuille boursier…

Les placements à taux fixe

Le compte d’épargne est intéressant pour effectuer un placement à court ou à moyen terme (maximum 3 ans) ou pour l’argent que vous souhaitez garder à portée de main. En contrepartie de la liquidité du produit û votre argent est disponible à chaque instant û les banques se réservent le droit de modifier à tout moment, tant à la hausse qu’à la baisse, les taux qu’elles octroient. Il y a eu peu de mouvements en mai. Centea a néanmoins décidé de lancer une campagne promotionnelle sur son compte d’épargne, offrant un taux de base de 1,50 % mais surtout une prime d’accroissement de 2 % pendant six mois. L’action est réservée aux nouveaux apports effectués jusqu’au 1er juillet et qui restent en compte pendant six mois de façon ininterrompue. A défaut, vous ne recevriez que le taux de base. Intéressant à six mois, ni plus ni moins. Pour le reste, Budget Hebdo privilégie généralement les banques qui offrent de bonnes conditions tout au long de l’année.

Les taux obligataires ont poursuivi leur hausse en mai. Le rendement de l’emprunt d’Etat belge à dix ans valait ainsi fin mai 4,40 %, contre 4,30 % en début de mois. Quelques banques ont répercuté cette hausse sur les conditions des bons de caisse, entre autres ING et Argenta. Compte tenu de la faiblesse actuelle des taux, n’y souscrivez que si vous recherchez absolument un placement offrant à la fois la sécurité du capital et l’anonymat. Un anonymat qui vous coûtera en plus la taxe de livraison matérielle (0,60 %) ainsi qu’éventuellement les frais de livraison réclamés par votre banque.

Si vous ne recherchez pas nécessairement un placement anonyme, tournez-vous vers les bons d’assurance. Ils offrent généralement un peu plus, même si on tient compte du coût de l’assurance décès permettant d’éviter le précompte mobilier pour les bons dont la durée est inférieure à huit ans.

Enfin, les assureurs proposent aussi les assurances épargne, à versements et retraits libres. Leur rendement se compose d’un taux garanti (actuellement entre 2,75 et 3,75 %) ainsi que d’une participation bénéficiaire (bonus) variable en fonction des résultats des portefeuilles de placement des assureurs. Les meilleurs produits devraient offrir cette année un rendement compris entre 4 et 5 %. Si vous avez souscrit depuis plus de huit ans, vous ne serez pas soumis au précompte mobilier en cas de retrait.

En Bourse

Le mois de mai s’est illustré par une série de bonnes nouvelles sur le plan macro-économique aux Etats-Unis : création d’emplois, croissance du produit intérieur brut revue à la hausse… A priori positives, ces nouvelles ont néanmoins considérablement renforcé la perspective d’une hausse des taux américains à court terme et ce, d’autant plus que les inquiétudes inflationnistes liées à la flambée des prix du pétrole se font de plus en plus pressantes. Dans ce contexte, la quasi-totalité des marchés boursiers se sont inscrits en recul, malgré des résultats trimestriels des entreprises globalement bons, voire meilleurs que prévu.

Déjà touchée par ces éléments au cours du mois précédent, New York a moins souffert que les Bourses européennes où une baisse des taux encore souhaitée, voire envisagée il n’y a pas si longtemps, n’est plus d’actualité au vu des statistiques encourageantes en provenance des deux premières économies de la zone euro, l’Allemagne et la France.

Euronext Bruxelles s’est, une fois de plus, illustrée par son caractère défensif et, malgré le détachement de bon nombre de coupons, continue à enregistrer, avec quelques autres petites places boursières, les meilleures performances observées sur les douze derniers mois.

Les plus mauvaises performances du mois de mai sont à attribuer aux Bourses asiatiques qui, en plus des éléments précités, ont dû encaisser la volonté déclarée des autorités chinoises de freiner leur économie. Ceci afin d’éviter toute surchauffe qui ferait grimper de concert inflation et taux d’intérêt et risquerait de mettre en péril l’ensemble de son système bancaire.

Aujourd’hui, si l’on excepte les Bourses allemande et française, chères au vu des perspectives de croissance bénéficiaire, la plupart des Bourses occidentales sont correctement évaluées.

Au niveau sectoriel, dans un tel contexte, ce sont à nouveau les valeurs plus défensives (services aux collectivités, pharmaceutiques, etc.) qui ont le moins souffert. Fortement pénalisées en avril, les technologies de l’information se sont bien redressées aux Etats-Unis notamment sous l’influence des producteurs des semi-conducteurs dont les ténors du secteur (Intel, Texas Instruments,…) parient sur une augmentation des ventes d’équipements électroniques. Le secteur pétrolier s’est quant à lui quelque peu replié, mais les sociétés les plus actives dans l’exploration production, comme Total, devraient profiter d’un prix du baril qui risque bien de demeurer à des niveaux élevés.

Parmi les secteurs qui ont enregistré les reculs les plus marqués, on retrouve sans surprise les télécoms, plus sensibles au niveau des taux d’intérêt compte tenu de leur important endettement. Bien que nettement moins endetté que ses concurrents, Belgacom n’a pas échappé à la tendance. Son cours est d’ailleurs momentanément passé sous son niveau d’introduction en Bourse de mars dernier. Enfin, toujours dans les secteurs sensibles à l’évolution des taux, alors que les banques ont bien résisté grâce à des résultats trimestriels souvent supérieurs aux attentes (BNP Paribas, UBS, Dexia, Fortis…), le secteur des assurances, l’un des rares à ne pas afficher une progression depuis le début de l’année, accumule les mauvaises nouvelles (Swiss Re, Scor) et a continué à se dégrader.

Budget Hebdo

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Partner Content