L’autre tactique

Les organisations syndicales abandonnent les actions au profit de la négociation. Ils réservent leurs forces aux autres combats difficiles qui s’annoncent

C’est un nouveau front qui s’ouvre : après l’appel à la modération salariale lancé il y a quelques jours par Guy Quaden, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, et les attaques lancées contre l’indexation automatique des salaires, les syndicats s’attendent à vivre quelques mois très durs. C’est, entre autres, ce qui explique qu’ils aient décidé d’abandonner le recours aux actions (grèves et manifestations nationales) pour exprimer leur mécontentement face au Contrat de solidarité entre générations.

Certes, la version sur laquelle le Parlement se penche, ces jours-ci, a déjà été amendée par rapport à sa première mouture : maintien de la prépension à 56 ans pour certaines catégories de travailleurs, suppression du malus pénalisant financièrement les départs anticipés en pension, mesures favorables à l’emploi des jeunes, etc.  » C’est bien sûr le résultat de nos multiples démar-ches « , affirment les syndicats. Quelques questions épineuses restent toutefois encore à régler dans le cadre de ce projet gouvernemental consacré aux fins de carrière, comme la liste des métiers lourds ou pénibles, qui bénéficieront d’une prépension maintenue à 58 ans, ou le calcul des périodes assimilées (périodes de retrait de la vie professionnelle qui n’entrent pas actuellement en ligne de compte pour le droit à la prépension).

D’autres points sont toujours qualifiés d’imbuvables par la CSC et la FGTB. Dès lors, les deux grandes organisations syndicales tenteront encore d’infléchir le vote au Parlement et d’obtenir des améliorations du texte au Conseil national du travail.

Mais de nouvelles menaces pointent, notamment la question de la modération salariale.  » Il ne peut y avoir d’accord de notre part sur ce point, a martelé André Mordant, président de la FGTB. Pas plus que sur un allongement du temps de travail ou sur la fin de l’indexation automatique des salaires. Entrer dans une spirale négative de modération salariale, de recul des dépenses de consommation, de récession économique et de chômage est exclu.  » En cas de mésentente entre les interlocuteurs sociaux, la décision finale revient toujours au gouvernement fédéral.

L.v.R.

 » Nous ne donnerons pas notre accord à un projet de modération salariale  »

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