L’art outsider, des univers singuliers

L’art peut naître en tout lieu, même en institut psychiatrique… Le résultat ? Des ouvres fascinantes, parfois choquantes, voire menaçantes, réalisées par des artistes plasticiens qui n’entrent aucunement dans les catégories officielles, autrement dit :  » différents  » !

La création d’images par des personnes souffrant de maladies mentales est aussi ancienne que les institutions psychiatriques. Il faut cependant attendre le début du xxe siècle pour qu’une poignée d’artistes et de connaisseurs s’y intéressent. Rapidement, cette production sera rapprochée de l’Art brut : notion créée en 1945 par Dubuffet pour définir les £uvres qui émanent intégralement de sources internes (sans formation artistique, par exemple), à mille lieues de l’art culturel des musées, galeries et autres salons. Après réflexion, l' » art des fous  » ne peut prendre le qualificatif d’art brut ; sa production se faisant en atelier sous l’égide d’un animateur. Il est donc plus adéquat de parler d' » Outsider Art « . Une expression lancée, en 1972, par Roger Cardinal qui recouvre à la fois l’art brut, l’art hors normes, l’art marginal, l’art naïf et l’art des fous. Toutefois, ce dernier appelle bien des précautions quant au poids des mots,  » fou  » pouvant revêtir bien des formes. On parlera dès lors plus facilement d’artistes à antécédents psychiatriques ou pathologies psychiques. Du reste, nul besoin de chercher bien loin pour trouver quantité d’artistes dits  » normaux  » qui, indéniablement, ont un grain ! Du coup, la folie est une notion sujette à de nombreuses variations.

Ce qui est certain, c’est que les artistes  » outsiders  » sont par définition fondamentalement atypiques, perçus comme hors normes par la culture dominante. Cette appellation couvre donc un large spectre de créateurs : criminels, aliénés, personnes internées, résidents de homes et personnes âgées, anonymes autodidactes, anarchistes… Autrement dit, tous ceux qui sont porteurs de quelque chose de profondément différent. Dans de telles situations, la création artistique ne répond pas seulement à un besoin criant de communiquer, c’est une échappatoire vitale ! Conscient de cet enjeu, le plus important est alors de s’intéresser à l’auteur, d’en connaître un bout sur sa vie, ses rêves, ses démons et obsessions.

Depuis quelques années, l’Outsider Art s’est imposé comme un art pur, original, authentique et spontané… autant de qualificatifs s’opposant régulièrement à l’art  » normal  » qui serait faux, artificiel, intellectualisé et élitiste. Voici cinq occasions susceptibles de nous renvoyer à ce grain de folie qui sommeille en chacun de nous.

GWENNAëLLE GRIBAUMONT

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