L’appartement séduit les jeunes couples

Si la maison neuve reste le rêve de la plupart des candidats acquéreurs luxembourgeois, l’appartement en convainc de plus en plus. Dont, nouveauté 2015, des jeunes ménages.

La province de Luxembourg est en proie à une véritable frénésie acquisitive. Déjà en 2014, les notaires luxembourgeois s’étonnaient à moitié du fait que le nombre de ventes avait bondi de 10,9 %, invoquant un marché résidentiel  » plus étroit que dans le reste du pays « , dont les fluctuations  » engendrent vite de plus gros écarts « . Que dire alors de la performance de 2015 : + 11,1 % ?  » Cette tendance à la hausse confirme l’activité déjà soutenue en 2014, admettent-ils. Le Luxembourg reste prisé et son expansion se poursuit notamment du côté de Libramont.  » Côté tarifs, le maître mot est  » stabilité « , couplé à un mouvement haussier : le prix moyen d’une maison s’établit à 180 918 euros (+ 0,6 %), celui d’un appartement, à 150 587 euros (+ 3,2 %). Seuls les terrains évoluent à contre-courant, leur valeur chutant de 18,9 % pour se rattraper à 51,58 euros, en moyenne toujours. Quid des terres de culture et fonds de bois ? Leurs prix élevés (de 15 000 à parfois plus de 25 000 euros l’hectare) se maintiennent, surtout autour de Bastogne, où l’influence des agriculteurs grand-ducaux reste  » forte « .

Démolir pour mieux reconstruire

S’exprimant sur le marché de l’ancien arrondissement de Neufchâteau, Joël Tondeur, dont l’étude est située à Bastogne, se fait l’écho du succès toujours aussi important des projets d’immeubles à appartements neufs, principalement à Bastogne, Libramont et Neufchâteau. Ce faisant, le notaire attire l’attention sur un phénomène nouveau : une diversification du profil des amateurs pour ce type de bien.  » Outre les seniors qui préparent leur retraite et les quadras qui investissent, un nouveau public de candidats acquéreurs fait son apparition : les jeunes couples de 25 à 30 ans, qui signent leur premier achat en s’offrant un appartement 1-chambre.  » Pour le reste, Me Tondeur évoque rapidement des prix stables pour les maisons ( » les vendeurs ont compris que les prix ne sont plus ce qu’ils étaient avant 2012 et les tarifs annoncés sont plus en phase avec le marché « ) et une demande accrue pour des terrains à bâtir de plus petite taille : 7-8 ares et non plus 10-12 ares. Sans pour autant que cela impacte les prix.  » Les valeurs sont plutôt fonction de la situation du lot, précise le notaire bastognard. Ils varient du simple au triple (35-100 euros/m²) entre la campagne et la ville ou encore suivant leur proximité avec le grand-duché de Luxembourg ou les axes E411, E25 et N4.  »

Dans la région de Marche-en-Famenne, Vincent Dumoulin, notaire à Erezée, pointe un faible nombre de ventes de terrains, notamment en raison du fléchissement de l’offre dans les communes de Durbuy, Hotton, Marche-en-Famenne et Erezée. A l’inverse, Vielsalm et Gouvy pâtissent d’une offre trop abondante sur le segment des maisons, dont le prix baisse de quelque 15 %.

Enfin, Catherine Tahon, notaire à Arlon, rend compte, pour le marché qui est le sien, d’un phénomène inédit : l’acquisition de bâtiments en vue de leur démolition/reconstruction.  » Les biens neufs ou récemment rénovés sont les plus recherchés, justifie-t-elle, au point que, dans certaines communes, la demande dépasse l’offre.  » Il en est d’ailleurs de même pour les terrains à bâtir, ajoute Me Tahon. A l’exception toutefois d’Arlon, où les nombreuses promotions immobilières achevées ou en préparation renversent la tendance.

Frédérique Masquelier

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