Manifestation contre les restrictions sur Internet en août à Moscou. © MAXIM ZMEYEV/belgaimage

L’année de la désinformation en ligne

Du Brexit à Trump, l’ampleur inouïe des fake news sur les réseaux sociaux se précisait en 2017. Une désinformation noyant également des opposants politiques.

La globalisation de la désinformation a franchi un nouveau cap en 2017. Financée par le gouvernement américain et animée par des chercheurs issus des pays concernés, l’ONG Freedom Houselivrait, en novembre, un rapport précisant qu’au cours des douze derniers mois, au moins 18 pays avaient utilisé les médias sociaux pour étouffer leurs dissidents. Le document relevait qu’au-delà des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine, des pays plus petits embrassent ce phénomène contaminant Google, Twitter et Facebook. Noyer les voix opposantes en ligne plutôt que de les censurer : la technique employée récemment par le Tibet, l’Ethiopie ou le Mexique est simple. Des armées de robots financés par l’Etat identifient les hashtags antigouvernementaux pour les polluer de posts hors de propos. Outre cette automatisation, des légions de vrais copywriters affûtent également leurs claviers pour taire toute opposition. Une récente étude des universités de Harvard et San Diego pointait ainsi que la Chine, maître du jeu, lâchait 488 millions de fake news progouvernementales par an.

L’ampleur des ingérences étatiques liées aux dernières élections américaines et au Brexit s’est également dévoilée en 2017. Facebook a avoué que 126 millions d’Américains ont vu défiler des informations pro-Trump (et anti-Clinton) réalisées par des comptes prorusses. Sachant que seuls 120 millions de bulletins ont été glissés dans les urnes américaines l’an dernier et que plus de la moitié des Américains utilisent désormais les médias sociaux pour s’informer, la déclaration du réseau social bleu et blanc (auditionné par plusieurs commissions parlementaires US en cette fin d’année) interpelle.

Cette année, des preuves accablantes ont montré que la désinformation a également bénéficié au Brexit. Des milliers de comptes russes ont inondé la sphère Web britannique de tweets prônant la sortie de l’Europe, 48 heures avant le référendum. Au niveau de la Commission européenne, la Bulgare Mariya Gabriel a constitué, en novembre, un groupe d’experts pour lutter contre la désinformation en ligne. Google, Twitter et Facebook, principaux relais de ces infos erronées, avancent, eux, des algorithmes d’une relative efficacité contre ces fake news. Mais déléguer un pouvoir de censure à une gande corporation privée est-il une bonne idée ?

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