» La sanction ne doit pas être une vengeance « 

Xavier Cantat, photographe, 41 ans, est le frère du chanteur

Vous rendez régulièrement visite à votre frère en prison. Comment se passe sa détention ?

Il ne s’est jamais plaint auprès de nous de ses conditions de détention, bien qu’il soit maintenu à l’isolement. Lors de nos conversations, il ne parle d’ailleurs jamais de lui. A l’heure actuelle, l’unique chose dont souffre Bertrand, c’est bien la perte de Marie. S’il n’avait pas ses enfants, il l’aurait rejointe depuis longtemps. A cette douleur s’ajoute la peur qu’il éprouve pour ses proches depuis l’incendie de sa maison dans les Landes.

Comment appréhendez-vous le procès qui va s’ouvrir prochainement en Lituanie ?

Bertrand risque quinze ans de prison. C’est une perspective effrayante. Les coups qu’il a portés sont évidemment inexcusables et nous ne demandons pas son acquittement, mais simplement une peine juste, émanant d’une justice équitable et éclairée. La sanction ne doit pas être une vengeance. Si l’on ne prend pas en compte la dimension passionnelle de ce drame, on se dirige vers une erreur judiciaire. Il n’y a pas un monstre froid d’un côté et un ange blanc de l’autre.

Votre frère a évoqué l' » hystérie  » de Marie Trintignant avant le drame. Ces propos ont choqué la famille de la disparue, qui lui reproche d’esquiver ses responsabilités et de salir sa mémoire…

Bertrand a toujours assumé sa responsabilité. Il n’a jamais varié dans ses déclarations. Il a reconnu dès le départ avoir porté de fortes gifles, sans jamais imaginer qu’elles aient pu entraîner la mort. Par ailleurs, le fait que Marie soit victime ne permet pas de réinventer sa vie ni de mentir sur celle de Bertrand.

Mentir sur quoi ?

A la fois sur l’essentiel et sur les détails. Il ressort, de tous les témoignages recueillis par les policiers, que mon frère n’avait jamais levé la main sur une femme, contrairement à ce qu’affirme Nadine Trintignant. Par ailleurs, la vie sentimentale de Marie n’avait rien du long fleuve tranquille raconté par sa mère.

Qu’auriez-vous envie de dire à la famille Trintignant, à la veille du procès ?

J’éprouve un sentiment mêlé. Je voudrais lui dire à quel point je suis peiné de ce qui est arrivé à Marie. Mais, dans le même temps, je suis dérangé par certains débordements. Je suis notamment choqué par la réécriture de l’histoire d’amour de Marie et Bertrand et par celle de leurs passés respectifs.

Laurent Chabrun et Eric Pelletier

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