Les manifestations contre la vie chère ont touché des villes de province plus que la capitale Téhéran. © SalamPix/ABACA/belgaimage

La révolution des oeufs en Iran : jusqu’où ?

Depuis le jeudi 28 décembre, date des premières manifestations d’ampleur à Machad, deuxième ville du pays, l’Iran est secoué par une vague d’émeutes qui avaient déjà fait plus de 20 morts en milieu de semaine. Ces protestations rappellent le mouvement vert de 2009, qui avait vu une partie de la population dénoncer les fraudes à la réélection du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Cependant, le phénomène actuel diffère sensiblement. Des motivations économiques sont à l’origine de la colère : réduction des aides sociales aux retraités, augmentation du prix des oeufs et de l’essence, annulées depuis. En 2009, la contestation était avant tout politique. Plusieurs villes de province ont été ces derniers jours le théâtre d’affrontements avec la police, Kermanshah, Ispahan, Qahderijan, Sari, Rasht, Qom… alors qu’en 2009, Téhéran avait été l’épicentre de la révolte. Les manifestants d’aujourd’hui englobent les camps conservateur et réformateur dans leur vindicte alors qu’il y a neuf ans, c’est le premier, symbolisé par le Guide de la révolution Ali Khameneï, qui était ciblé. Il est reproché au président réformateur Hassan Rohani, réélu en 2017, de ne pas avoir réussi à redresser l’économie malgré l’accord sur le projet nucléaire iranien avec les puissances occidentales qui devait offrir de nouvelles perspectives. Le régime, avec des tonalités diverses, a dénoncé un complot fomenté de l’étranger. Argumentaire facile qui refuse de constater la paupérisation de la République islamique dont l’engagement militaire en Syrie et au Yémen a un coût de moins en moins justifié aux yeux d’une partie des Iraniens.

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