La friche hertzienne, c’est fini

Attendu depuis des années, un nouveau plan de répartition des fréquences francophones est adopté. Mais tous les litiges avec la Communauté flamande ne sont pas aplanis

La politique a de ces injustices ! Une demi-douzaine de ministres parfois chevronnés de l’Audiovisuel se sont cassé les dents sur le plan de fréquences des radios privées et c’est le pharmacien Olivier Chastel (MR), successeur inattendu de Daniel Ducarme, ministre depuis six semaines à peine, qui conclut le dossier… Même s’il le doit en grande partie au travail de ses prédécesseurs et du ministre-président Hervé Hasquin, Chastel trouvera là de quoi se consoler un peu des déboires budgétaires de son autre secteur, les Arts et Lettres ( lire en page 9).

Mercredi 31 mars, le gouvernement de la Communauté française adoptait les arrêtés qui lanceront une procédure attendue depuis près de dix ans par les radios : la redistribution des fréquences, sur de nouvelles bases. Depuis l’expiration de leur reconnaissance et la mise en chantier d’un nouveau plan, les quelque 300 radios privées francophones émettent dans le vide juridique et l’illégalité. Pendant ce temps, la Communauté flamande, confrontée à la même grande remise à plat, a pris les devants. Le 1er mai prochain, ses radios (2 réseaux communautaires, 1 radio par province, 292 stations locales) basculeront sur leurs nouvelles fréquences.  » Il y avait donc urgence, pour nous, à adopter un plan, sous peine d’être en position de faiblesse juridique face aux Flamands « , souligne le ministre Chastel. Il subsiste, en effet, une dizaine de fréquences en litige avec les voisins du Nord, inscrites dans le plan francophone. Pour établir celui-ci, le ministre, à l’inverse de son prédécesseur, a soigneusement évité de discuter avec les opérateurs radio, tous gourmands par définition. Cela n’a pas empêché les débats politiques, où le MR défend Contact, le PS roule pour Ciel (futur réseau du tandem Mathot-Weekers) et où Ecolo plaide pour Nostalgie et les radios indépendantes. Jugé très satisfaisant par les 3 partis de la majorité, l’accord final fait place à 6 réseaux, tous communautaires mais avec une couverture d’émission de qualité décroissante. Le meilleur a été pensé pour Bel-RTL, suivi par Contact, Nostalgie, Ciel, Fun et NRJ. Exit, alors, les actuels BFM et Contact 2, qui pourront toujours solliciter une fréquence indépendante. Il y en aura 90, outre 31 pour des radios d’école.

Dès publication de l’appel d’offres, les radios auront soixante jours pour rentrer leur candidature au Conseil supérieur de l’audiovisuel. Ce dernier statuera dans les trois mois. Sauf anicroches, la jungle des ondes sera devenue un parc à la française avant 2005…

Jean-François Dumont

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