La Cour des comptes épingle la politique wallonne du vélo

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Chargée de s’assurer du bon emploi de l’argent public, la juridiction regrette les millions d’euros de subventions mal utilisés par la Région en matière de mobilité cycliste et, surtout, leur suivi très approximatif.

Plan Wallonie cyclable, Schéma directeur cyclable, Vision Fast, Stratégie régionale de mobilité, Plan mobilité et infrastructures pour tous: autant de plans wallons élaborés de 2010 à 2020, censés favoriser les déplacements utilitaires à vélo et aider les communes à réaliser les travaux d’infrastructures adéquats… et qui ont largement échoué, selon un récent audit de la Cour des comptes. Considéré par la Région comme la « colonne vertébrale » des déplacements à vélo, le réseau Ravel (aménagé sur d’anciennes voies ferrées), malgré ses 148 millions d’euros de subventions, entre 2002 et 2019, n’est pas parvenu, selon la Cour, à tenir son rôle de réseau structurant. Les cyclistes quotidiens se déplaçant principalement sur des voiries communales.

C’est surtout le suivi et les modalités d’exécution qui subissent la critique des magistrats. Beaucoup de plans communaux de mobilité datent. Les incitants financiers régionaux ne sont plus accordés depuis 2016. Absence d’évaluation, dit la Cour, et aucune articulation entre les plans communaux et la stratégie régionale de mobilité. Si bien que « l’impact des mesures d’encouragement sur la part modale du vélo en Wallonie n’est pas démontré ». Avec pour conséquence que « l’ensemble de la politique cyclable actuelle reste soumis à un risque élevé de non-concrétisation ou d’abandon ». Exemple: parmi les soixante-deux projets communaux de 2017, seuls huit ont abouti, cinq mois après la date prévue de fin des travaux. Et les communes ne respecteraient pas l’obligation de prendre en compte les besoins de tous les usagers dans la conception des aménagements subsidiés.

Enfin, l’augmentation « significative » des budgets annoncée pour 2020-2025 sera, pour près de la moitié, affectée au Ravel et à ses raccordements, déplore encore la Cour. Le ministre de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo), a répondu à la Cour que les recommandations de l’audit apporteraient « une véritable plus-value à sa stratégie cyclable » et que, depuis son entrée en fonction, un grand nombre d’entre elles ont déjà été prises en considération… ou sont en cours de réflexion.

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