La boîte à images: continue sa révolution

De plus en plus de chaînes, de plus en plus d’options, de plus en plus de technologies : regarder la télé se fait désormais à la carte.

On n’en finit pas de nous changer la télé ! Il a fallu des années pour choisir entre un écran LCD et un écran plasma et voilà qu’une autre nouveauté pointe déjà le bout du nez : la télévision OLED. La technologie OLED, acronyme de organic light-emitting diode, promet encore une qualité de l’image supérieure, un meilleur rendu des couleurs, un ratio de contraste plus intéressants, des temps de réaction plus adéquats, une consommation plus faible, bref, les atouts du plasma et du LCD réunis dans un seul appareil.

Au début de 2008, quelques appareils OLED jouaient les stars dans les foires américaines de haute technologie, et leur prestation était impressionnante. Toutefois, mieux vaut vous abstenir d’en rêver pour l’instant : une télé OLED de la même dimension que votre téléviseur actuel coûte quelques dizaines de milliers d’euros. De plus, dans leur état actuel, ces appareils n’ont qu’une durée de vie de quatre à cinq ans, ce qui est trop peu pour qu’on puisse parler d’un investissement judicieux. Les fabricants travaillent d’arrache-pied pour y remédier mais il faudra attendre jusqu’en 2009 au moins pour que la production tourne à plein régime et que les prix de vente de ces machines commencent à baisser.

Technologie de pointe, prix à la baisse

Le cycle qui doit encore s’amorcer pour l’OLED s’est déjà en grande partie déroulé pour le LCD et le plasma : la technologie n’a cessé de s’améliorer et les prix ont de plus en plus baissé. Le consommateur semble avoir opté pour le LCD, non pas pour une question de différences de qualité, car il n’y en a pratiquement pas, mais sans doute sur le critère de la durée de vie de l’appareil. Un téléviseur LCD a une longévité d’environ 80 000 heures alors que son correspondant plasma ne dure que 60 000 heures. La différence semble loin d’être négligeable : sur dix télés vendues aujourd’hui, huit sont des appareils LCD.

Si les écrans LCD et plasma sont d’appréciables complices de la télévision numérique, ils ne conviennent guère, en revanche, pour la projection d’anciens films analogiques. Parce que le tube cathodique traditionnel est parfaitement réglé sur le nombre de points qu’un signal d’image analogique émet, l’écran est adéquatement rempli avec ce signal. Mais sur un écran plat, qui affiche une résolution supérieure, l’image doit être répartie sur un plus grand nombre de points-image. C’est ce qui explique que les films anciens, (à moins, bien sûr, d’avoir été numérisés) ont plus belle allure sur un écran cathodique classique que sur un écran plat. Ce n’est pas un hasard si, dans les magasins de matériel audiovisuel, on passe toujours des films de haute technologie visuelle comme Lord of the Rings (Le Seigneur des anneaux) ou Shrek sur les téléviseurs en démonstration…

La TV numérique fournit une qualité d’image et de son comparable à celle du DVD. De plus, elle permet de capter un certain nombre de chaînes supplémentaires, spécialisées par exemple dans les domaines sportif ou scientifique, et de regarder les programmes au moment où le téléspectateur le souhaite. Son principal inconvénient ? Le prix. La majorité de ces chaînes supplémentaires sont payantes, que ce soit via un abonnement mensuel fixe ou  » à l’unité « , c’est-à-dire en fonction des programmes regardés ( pay per view).

Durant le(s) premier(s) mois, le téléspectateur a généralement un accès gratuit à ces chaînes mais dès que l’opération de promotion vient à échéance, la facture se met subitement à grimper. Il y a aussi le décodeur à payer ou à louer, sans parler du prix de l’abonnement mensuel.

Des techniques de vente  » mensongères  » ?

Pour la chaîne de football 11 (Belgacom) et quatre différentes chaînes Discovery Channel, il y a indubitablement un vaste marché, mais au bout d’un moment, bien des téléspectateurs constatent que les bouquets de chaînes supplémentaires ne leur apportent pas grand- chose. Sur les forums de discussion d’Internet, des clients se plaignent de ce qu’ils qualifient de techniques de vente mensongères : des promotions spéciales et alléchantes leur sont proposées mais peu après, ils se voient présenter une lourde facture s’ils n’ont pas renoncé à temps aux services et chaînes qui étaient temporairement gratuits. Des informations claires sur leur abonnement et une aide efficace et rapide, via le call-center de leur fournisseur, constitueraient déjà un progrès…

Toutes ces critiques ne freineront pas l’ascension de la télévision numérique : les différents fournisseurs comptent déjà, ensemble, plus d’un demi-million de clients numériques, et ce chiffre augmente de jour en jour. Parallèlement, en vertu du principe des vases communicants, les entreprises de télévision par câble commencent à perdre des clients. Selon l’association professionnelle Cable Belgium, le nombre d’abonnés au câble a baissé, l’an dernier, pour la première fois en près de vingt ans. Ils sont désormais un peu moins de 4 millions, soit 1,2 % de moins qu’en 2006.

Autre enjeu de taille au salon des hautes technologies CES : la lutte qui oppose Blu-ray et le HD-DVD. Ou plus précisément, qui les opposait car les dés sont désormais jetés. Quel format sera le standard pour le DVD de la prochaine génération ? Tant Blu-ray que le HD-DVD promettent une meilleure qualité d’image, un son plus clair et une plus grande capacité de stockage que le DVD. Sony, Philips et Panasonic soutiennent Blu-ray ; Toshiba et Microsoft ont misé sur le HD-DVD. Le second camp a longtemps réussi à compenser sa position minoritaire grâce à l’appui de différentes grandes compagnies cinématographiques (sauf Sony), mais il semble à présent qu’il va devoir rendre les armes. Juste avant l’ouverture du salon CES, le producteur américain Warner a annoncé qu’il passait du HD-DVD à Blu-ray. Le jour suivant, Paramount a suivi le mouvement. Toshiba produit encore toujours des lecteurs HD-DVD mais la plupart de ces appareils lisent aussi les disques Blu-ray. L’inverse ne se produit pas. Microsoft a récemment annoncé qu’il discutait, avec son grand concurrent Sony, de l’intégration possible d’un lecteur Blu-ray dans la console de jeux Xbox 360. Il faut donc s’attendre à ce que la Xbox 360 soit prochainement équipée d’un lecteur Blu-ray, ne fût-ce que parce que la PlayStation 3 de Sony en dispose.

La culture télévisuelle d’aujourd’hui ne passe plus seulement par le téléviseur. Les spectateurs veulent aussi regarder la télé quand ils circulent, que ce soit sur leur GSM ou sur leur iPod. Et dans ce cas, le caractère compact prime sur la taille de l’image. En cherchant un peu, vous trouverez sur Internet une série de films vidéo que vous pouvez télécharger gratuitement sur votre iPod. La chaîne américaine Geek Brief TV, qui émet depuis 2005, compte chaque mois des millions de spectateurs. La chaîne musicale MTV permet de télécharger chaque jour les dernières infos concernant les célébrités. Sans oublier Archive Classic Movies qui propose de vieux films et d’anciennes séries télévisées dont les droits d’auteur sont échus.

En 2005, c’est-à-dire avant l’arrivée de YouTube, près de 25 millions de visiteurs uniques avaient regardé quatre milliards de clips vidéo par le biais du service en ligne Yahoo Music. Les éditeurs de musique, qui, à cette époque-là, étaient sceptiques à l’égard d’Internet, ont aujourd’hui décidé d’intégrer le service en ligne dans leur stratégie. La maison de disques Epic a notamment créé un clip spécial pour les fans lors de la sortie de Hips Don’t Lie de Shakira, uniquement accessible aux visiteurs de Yahoo Music. Un succès gigantesque !

Vous préférez malgré tout un grand écran ? Plusieurs producteurs IT ont mis sur le marché ce qu’ils appellent des media gateways, des petits appareils qui transfèrent sans fil des MP3 et fichiers vidéo du PC vers la TV. Il est aussi possible de faire passer de la musique et de la vidéo vers la TV sans media gateway mais dans ce cas, il faut graver quantité de CD, ou de DVD pour le lecteur de DVD, ou placer des mètres de câble entre le PC et la télévision Grâce aux media gateways, il y a désormais moyen de faire mieux. Des grands noms comme Philips et JVC se sont jetés sur ce marché mais de plus petites marques comme Pinnacle, Netgear et Freecom n’ont pas dit leur dernier mot.

Bart Vandormael

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