Jeux technologiques

La neige et la glace sont truffées d’informatique

En ski alpin, entre une médaille d’or et une médaille d’argent, entre l’euphorie du champion olympique et la frustration de son challenger, un millième de seconde peut tout décider. Et un chronomètre. Pour certaines disciplines, c’est une photo-finish qui départage les premiers. Dans tous les cas, ce sont les technologies les plus pointues qui livrent les verdicts les plus cruciaux. Les  » jioo  » sont aussi le triomphe des  » aïtii « . En effet, pas de J.O. sans IT. Les technologies de l’information veillent sur le bon déroulement des épreuves et assurent la communication des résultats au monde entier.

Aux Jeux d’hiver coexistent trois catégories de sports possédant toutes des règles bien différentes. Il y a les épreuves chronométrées (ski alpin, biathlon…), les  » jugés  » (patinage artistique) et les sports d’équipe (hockey, curling…). Sur le plan informatique, il est dès lors très compliqué pour les ingénieurs et les développeurs de trouver une recette miracle à appliquer à toutes les disciplines.

L’informatique, introduite de manière professionnelle aux J.O. à partir de 1960, n’a cessé de progresser. Il y a encore quatre ans, à Salt Lake City, deux skieurs auraient pu être jugés ex aequo, alors qu’aujourd’hui le chronométrage ultraperfectionné déterminera un seul vainqueur au millième de seconde près tandis qu’une photo-finish permettra de capter 1 200 images à la seconde sur la ligne d’arrivée du biathlon, du patinage de vitesse et du short track.

Depuis 2002, tout le volet IT des J.O. a été confié par le Comité olympique international à la société franco-néerlandaise Atos Origin. Une tâche titanesque de longue haleine puisque les premières réunions de travail ont débuté en… juin 2002. Après un état des lieux approfondi, les ingénieurs ont développé les applications en fonction d’un cahier des charges très précis sous la supervision du Toroc, le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Turin 2006. A la tête du projet, le Français Frédéric Wojciechowski a apporté toute son expérience olympique puisqu’il avait déjà travaillé sur le développement IT aux Jeux d’Albertville, de Lillehammer, d’Atlanta, de Nagano, de Sydney, de Salt Lake City et d’Athènes.  » Trois ans avant les Jeux, nous avons rencontré les différentes fédérations sportives afin de comprendre quels étaient exactement leurs besoins. En effet, les règles évoluent souvent afin de rendre les sports encore plus attrayants. Nous devons donc nous adapter constamment. Année après année, nous sommes obligés d’intégrer ces changements dans nos systèmes.  »

4 700 ordinateurs

Une fois les systèmes fin prêts, il faut passer à la phase la plus longue du travail : les tests.  » Un an avant le début des Jeux, tous les moyens sont testés à échelle réelle lors d’épreuves de haut niveau comme des coupes ou des championnats du monde, poursuit le Systems Integration Manager d’Atos Origin. Ces événements nous permettent de déceler la moindre faille dans nos dispositifs. Une équipe de 80 personnes a passé globalement plus de 100 000 heures à vérifier toutes les applications dans chaque sport, ou dans chaque épreuve, afin de s’assurer que, quand un athlète franchit la ligne de départ ou d’arrivée, l’information est transformée en impulsion électronique et transférée dans tous les systèmes pour aboutir aux juges et aux journalistes.  »

Atos Origin s’engage, en effet, à fournir aux journalistes toutes les données dont ils ont besoin pour informer leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs et internautes.  » La matière à offrir aux journalistes varie en fonction de la spécificité de leur métier , détaille Frédéric Wojciechowski. Les commentateurs télé et radio veulent les résultats des épreuves en temps réel. Dans le cas de la presse écrite, les journalistes se basent sur des programmes, des biographies, des statistiques, etc.  » Aussi, pour garantir l’exactitude des résultats sportifs et des informations sur les athlètes, ainsi que leur diffusion instantanée auprès des médias, du site Internet officiel, des agences de presse mondiales et des téléspectateurs à travers le monde, des moyens considérables sont mis en £uvre. Une équipe informatique de 250 personnes a été constituée. Elle supervisera 24 heures sur 24 et 17 jours sur 17 l’infrastructure et les systèmes informatiques installés sur les 28 lieux de compétition et autres sites depuis le centre technologique. On y a installé 4 700 ordinateurs, 550 serveurs et 700 imprimantes. Les IT et les TIC aiment le froid, c’est bien connu.

Laurent Toussaint

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