Jean-Michel Javaux prêt à se mouiller

La Belgique a enfin un gouvernement, après neuf mois de crise, et Ecolo n’en fait pas partie. Des regrets ?

E Dans l’absolu, oui, parce que nous aurions pu faire gagner du temps au pays. Mais, au vu du  » programme  » qu’on nous propose et de l’impossibilité manifeste des  » partenaires  » de poser des choix, non, vraiment pas. Nous aurons beaucoup de boulot dans l’opposition.

N’est-ce pas un peu facile de critiquer, tout en restant au balcon ?

E Ecolo veut peser sur le cours des choses. Si possible en étant au pouvoir, mais à la condition de pouvoir y réaliser une partie de notre programme. Notre prochaine participation gouvernementale devra être une réussite.

Votre participation au gouvernement arc-en-ciel, entre 1999 et 2003, n’était donc pas une réussite ?

E Nous n’étions pas arithmétiquement indispensables. C’était déjà un mauvais départ. La prochaine fois, nous devrons peser réellement dans le rapport de force.

Mais Ecolo est sorti gagnant des urnes, en juin 2007. Ne devriez-vous pas vous mouiller, même au prix de certains renoncements ?

E Mais Ecolo est prêt à se mouiller ! J’ai laissé entendre que nous étions prêts, le cas échéant, à monter dans le gouvernement l’été prochain, si jamais celui-ci changeait de cap.

Pourquoi Leterme Ier changerait-il de cap ?

E D’ici là, la pression flamande va s’accentuer sur le communautaire et l’institutionnel, et il y aura d’importants ajustements budgétaires à réaliser. Tout est possible.

Mais, même s’il ne changeait pas de feuille de route, Ecolo est prêt à soutenir une réforme de l’Etat. Ce n’est pas un peu paradoxal ?

E C’est paradoxal. Mais, pour le moment, en Belgique, tout est paradoxal. Ce qui est sûr, c’est que tout le monde a intérêt au dialogue. Un affrontement pur et dur ne produira que du mauvais.

Votre parti fait-il toujours de la création d’une circonscription fédérale (NDLR : qui imposerait à certains candidats de faire campagne dans tout le pays) une condition à son soutien à la réforme de l’Etat ?

E Je suis convaincu que sans cela, et sans un refinancement substantiel de Bruxelles, il n’y aura pas de solution possible pour BHV.

Votre proximité avec Didier Reynders irrite certains, chez Ecolo. Vous êtes au courant ?

E Mon parti est indépendant vis-à-vis de tous les partis. Mais le PS est toujours prompt à dire :  » S’ils ne sont pas avec nous, c’est qu’ils sont contre nous.  » Je ne comprends pas que Joëlle (NDLR : Milquet) tombe dans le panneau. Quant aux relations interpersonnelles, c’est autre chose. Elles prennent beaucoup trop de place aujourd’hui, au détriment de la politique.

Vous seriez prêt à vous allier au MR, en Wallonie, au lendemain des élections régionales de 2009 ?

E Nous irons les mains libres aux élections. Ecolo doit d’abord réaliser de bons résultats. Ensuite, il y aura des discussions programmatiques. C’est cela qui sera déterminant.

Des experts chargés d’  » évaluer les besoins énergétiques du pays pour les prochaines années  » arriveront peut-être à la conclusion qu’il faut prolonger la vie des centrales nucléaires. On dit que vous, personnellement, n’y seriez pas opposé…

E On dit tellement de choses… On n’a plus besoin d’experts, on dispose de toutes les données. Ce qui manque, c’est un choix clair. La relance du nucléaire n’est pas le scénario d’Ecolo. l

Propos recueillis par Isabelle Philippon

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