Irak, le gâchis

Récemment était présenté à Télé-Québec le dernier des 10 épisodes de la bonne télésérie Frères d’armes, bien doublée en France, produite par Steven Spielberg et Tom Hanks, qui fait écho à leur remarquable Il faut sauver le soldat Ryan, traitant l’un et l’autre de la Seconde Guerre mondiale.

Tout au long des épisodes, je n’ai pu m’empêcher d’être solidaire des jeunes combattants américains de la  » Easy Company « , mal dégrossis pour la plupart, de toutes origines et de toutes confessions, qui faisaient courageusement face à la terreur nazie en Europe. Chaque opus était précédé de touchants témoignages de vétérans.

La riposte des pays coalisés était alors nécessaire et juste, et nous serons éternellement reconnaissants à nos combattants de la liberté (j’ose inclure dans ce  » nous  » les Allemands d’aujourd’hui, qui sont de bons citoyens du monde). En voyant cette série, je me suis rappelé la guerre en ex-Yougoslavie, où l’intervention de l’Otan avait rallié l’ensemble des pays démocratiques pour empêcher un massacre, puis celle du Vietnam, criminelle et enfin celle sévissant aujourd’hui en Irak, sans noble fondement, commencée sous de mauvais prétextes. Ce qui résultera de cette invasion, c’est une région encore plus déstabilisée, une détestation accrue des Occidentaux, une recrudescence d’actes terroristes partout dans le monde et un grand nombre de soldats et de civils tués. Et, pour couronner le tout, un possible Irak islamiste, comme en Iran. (…)

La presse révèle qu’un rapport de la Croix-Rouge avait déjà souligné que la torture avait été instaurée en un véritable système dans les prisons irakiennes. Nos grands dirigeants protestent de leur bonne foi, ils n’étaient pas au courant, ils ne peuvent le tolérer… Ainsi ces hommes au faîte du pouvoir ne sont pas au courant de ce qui se passe dans leur pays. Vous me direz que l’on ne peut pas tout savoir… C’est vrai ! Mais leurs conseillers ? Egalement ignorants de ce qui se passait ? Ou complices ?

L’armée n’est-elle pas le lieu par excellence de l’obéissance à l’autorité ? Mais quelle est donc cette autorité qui a ordonné ou, à tout le moins, laissé se pratiquer de tels actes ? Quel est donc l’idéal que l’on a donné à ces soldat(e)s pour qu’ils (elles) se permettent de tels comportements ? (…) Je ne suis ni antiaméricaine ni antibritannique. Je suis simplement persuadée que la démocratie ne peut être imposée par un traitement antidémocratique. (…)

Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)

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