© Illias Teirlinck

Hovering Caress Amère de Laure Prouvost (2022)

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Ne vous fiez pas à la photo d’illustration pour approcher cette œuvre bouleversante de Laure Prouvost (1978). Pour la restituer dans toute sa puissance et son caractère immersif, il aurait mieux valu disposer d’une séquence audiovisuelle, voire être capable de téléporter le lecteur in situ. De la plasticienne qui a représenté la France à la Biennale de Venise de 2019, on gardait le souvenir d’une exposition au M HKA, à Anvers, que l’on avait jugée plutôt cérébrale, génialement bancale. Pour le festival Horst (lire en page de gauche), Laure Prouvost convie le visiteur à une véritable expérience.

A l’aide d’une immense bâche et d’un système élémentaire de poulies qui se lève et s’abaisse, l’artiste nous emmène au cœur d’un organisme vivant, baleine ou raie manta, chacun décidera. L’effet est océanique et s’accompagne de projections, de jeux de lumière, d’objets en suspens (dont d’incroyables globes en verre de Murano, éclairés) ainsi que d’une bande-son panachant souffle, bruits de la nature et cantique apaisant. La Bruxelloise d’adoption n’abandonne pas pour autant son utilisation des déchets jonchant le sol ; ils sont nombreux, tout comme l’encre de seiche qui confère à cette aventure un parfum âcre. Bien vu, la référence à L’Art de respirer, le poème de Sony Labou Tansi, axe fort de la proposition, est obvie. Scandé par des inspirations et expirations – le séjour du visiteur se révèle incertain, tenaillé qu’il est entre la possibilité d’une renaissance –, le cœur du monstre est un lieu propice à une nouvelle vie, toutes les mythologies le savent, et le désespoir du présent immédiat, matérialisé par une sorte de vaste dépotoir alimenté par les canettes de bière et de boissons énergisantes laissées par les festivaliers. Car, et c’est à proprement parler brillant, Laure Prouvost a imaginé Hovering Caress Amère d’une dimension telle que l’œuvre prend toute sa signification quand elle englobe des centaines de fêtards. Jamais la métaphore de danser sur un volcan n’aura reçu aussi pertinente illustration.

A la base Asiat, à Vilvoorde, jusqu’au 31 juillet.

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