Grandes vacances aux  » Midis-Minimes « 

Midis-Minimes… Deux  » mi  » qui riment. Deux  » mi  » qui swinguent classique. A l’image du festival qu’ils nomment. 25 ans de ferveurs musicales partagées sur le temps de midi, au cour de l’été bruxellois. C’est au Conservatoire royal, du 1er juillet au 31 août.

Ce sont moins des concerts que des rencontres entre musiciens et public « , se réjouit Claude Jottrand, président de l’ASBL Opus 3 qui produit le festival. Pointe de nostalgie, l’Eglise qui a vu naître celui-ci laisse aujourd’hui la place au Conservatoire voisin, plus aisé d’accès et plus grand.  » Avec une acoustique d’une qualité et d’une souplesse peu communes qui s’adapte bien à tous les répertoires, ajoute-t-il. Ce qui nous singularise ? Un échange musical décontracté, informel, en dehors du star-système du classique, même si ce sont parfois des vedettes, actuelles ou en devenir, qui nous rejoignent. Sans oublier une offre musicale particulièrement diversifiée. L’esprit de découverte, c’est le label du festival ! « 

Il est vrai que pour qui en a goûté, les Midis-Minimes, c’est nulle part ailleurs… S’imaginer d’abord la toile de fond : Bruxelles en torpeur estivale, l’heure du déjeuner…  » Rien à voir avec un concert du soir, ce n’est pas la même ambiance, ni le même cérémonial, précise encore le président. D’ailleurs les soirs d’été à Bruxelles, il n’y a plus personne. A mi-journée, c’est autre chose…  » Ainsi, sur le coup de 12 h 15, le public des concerts se compose de fonctionnaires en pause, du papy flanqué des quatre petits-rejetons en vacances, de touristes de passage et, bien sûr, des inconditionnels du festival. Et tout ce petit monde s’esbaudit dans une sorte de ferveur décomplexée.  » Ces concerts de midi constituent un havre de paix, on le mesure aux sourires affichés à la sortie.  » Singularité déterminante : l’heure choisie impose le format mini.  » Les concerts ne dépassent jamais 35 minutes. Le tout à des prix hyper-démocratiques, 4 euros « , ponctue Claude Jottrand.

Un programme éclectique

 » Nous ne voulons pas nous inscrire en spécialiste, prévient- il, notre vocation c’est l’éclectisme !  » Un coup d’£il sur le programme le confirme. Les chants sacrés gitans de Provence côtoient les Nuits d’été de Berlioz. L’ensemble baroque Clematis associé à la soprano Mariana Flores succède au piano contemporain de Berio, Boulez, voire Zappa, proposé par Stéphane Ginsburgh. Une des astuces du festival, c’est d’incruster cette diversité de l’offre dans l’organisation même de la semaine festivalière. A chaque jour suffit son genre, son style.  » C’est pour nous une manière d’inciter les publics à se métisser « , explique Claude Jottrand. Le cycle des lundis fonctionne comme une agence de voyages branchée musiques du monde : classique de l’Inde du Nord, univers tsigane, musiques traditionnelles d’Arménie ou de Turquie… Voyage instrumental itou, où l’on croisera doudouk, dhol, oud, duff et autres tanpura. La musique dite  » ancienne  » (du Moyen Age au XVIIe siècle) investit les mardis, avec notamment Diabolus in Musica et la remarquable formation Scherzi Musicali. Mercredi, place au XVIIIe siècle. On annonce du beau monde, comme le claveciniste Paolo Zanzu ou l’ensemble Les Menus Plaisirs du Roy. La musique du XIXe est à l’honneur le jeudi. Enfin, le cycle du vendredi épingle les compositeurs belges (Ysaïe, Boesmans…), tout en célébrant la musique contemporaine. On attend rien moins que trois créations mondiales, dont deux commandes à Jean-Luc Fafchamps et Fabian Fiorini. Ces cycles sont interrompus par une semaine  » piano  » (du 1er au 5 août). Des pianistes belges, tels Olivier de Spiegeleir ou Daniel Blumenthal, y sont conviés pour fêter le quart de siècle. Proficiat, les MiMi !

Pour la programmation du festival : www.midis-minimes.be

PHILIPPE MARION

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