Malgré son succès, le feuilleton Thuis ne sera pas épargné. © VRT

Grande lessive à la VRT

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Le saut vers le digital imposé au pilier public de l’audiovisuel flamand fera mal. Une charrette de deux cents sacrifiés est programmée, un joyau de la chaîne est, lui, voué à l’externalisation.

Quelque 116 collaborateurs virés, cinquante départs naturels non remplacés. C’est le grand nettoyage que vient d’annoncer Frederik Delaplace, CEO de la VRT. La voix patronale a parlé: il n’y a pas d’autre alternative qu’une thérapie de choc à caractère préventif si la chaîne publique de radio-télé flamande veut négocier le virage du multimédia en évitant l’embardée. L’ avenir sera numérique ou ne sera pas.

« Le plan est radical », concède le big boss, mais les changements de consommation des médias réclament des têtes. Une fois que la garantie d’emploi conclue en interne avec les syndicats sera arrivée à expiration, fin 2022, la purge commencera. Un dixième du personnel devrait avoir quitté l’entreprise d’ici à 2025. Jusqu’à cette échéance, la VRT se satisfaira d’une dotation annuelle de 275 millions rabotée de vingt-cinq millions.

Approbation ministérielle

Faire mieux avec moins: l’injonction n’épargnera rien, pas même un joyau de la chaîne, Thuis, soap quotidien et production maison iconique. Au bout de vingt-sept ans d’existence, avec plus de cinq mille épisodes et un million de téléspectateurs, cette valeur sûre de la programmation sera valorisée sous d’autres cieux où migreront les septante salariés commis à sa réalisation. Le CEO n’a pas dissimulé la charge émotionnelle d’une décision dont il attend un saut qualitatif. C’est toute la fiction au sein de la VRT qui empruntera les chemins de l’externalisation.

La quête de tout ce qui est monétisable sera grande ouverte, tout comme la chasse aux dépenses jugées superflues. Charge salariale allégée, marketing mieux centralisé, studios davantage automatisés, réduction du personnel de support: le business model est tracé. Il passera par le recrutement d’une trentaine d’experts et par des conversions forcées à la science digitale. Alors que les syndicats ne désespèrent pas d’adoucir la pilule sociale associée à la grande transformation, Benjamin Dalle (CD&V), ministre flamand des Médias, ne trouve rien à redire quant à la « radicalité d’un choix difficile ».

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