L'auteure de Vernon Subutex, personnalité littéraire de l'année. © reporters

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C’était probablement le roman le plus attendu de l’année. Au printemps, Virginie Despentes donnait, avec Vernon Subutex 3, un final à la trilogie qu’elle avait initiée en 2015. Plus de doute : objet de ventes record (540 000 exemplaires écoulés, juste pour les deux premiers tomes), d’une avalanche de numéros spéciaux dans la presse et d’adaptations au théâtre, l’auteure de King Kong Théorie – débardeurs Motörhead et yeux cernés – était désormais de ces écrivains qui polarisent la vie littéraire au même titre, par exemple, qu’un Michel Houellebecq. Ce n’était pourtant pas gagné. Punk, revendicatrice, engagée volontiers radicale sur les questions de la sexualité et du genre, sa voix l’a dans un premier temps vouée aux marges (Baise-moi, longtemps refusé partout, avant d’être finalement publié en 1993). Le Prix Renaudot, reçu en 2010 pour Apocalypse bébé, devait marquer un tournant, depuis largement négocié pour celle qui intégrera carrément l’Académie Goncourt en 2016. Orchestrant une radiographie explosive de la société française à son entrée dans le troisième millénaire, la saga Vernon Subutex traverse les couches sociales, les mouvances et les idéologies contemporaines avec une aisance pas possible. L’époque ne s’y est pas trompée. Elle s’y est même reconnue. Despentes, elle, n’a pas pour autant abandonné ses combats, c’est plutôt l’air du temps qui semble l’avoir rejointe. Une extension du domaine de la lutte, comme dirait l’autre.

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