Francis Géron, Monsieur Spirit of 66

Créé en 1995, le Spirit of 66 de Verviers programme une vingtaine de concerts par mois. Emmené sur les chemins blues, prog et rockailleux par un ancien bassiste de Rapsat

En cette glaciale soirée de janvier, Francis Géron est au Forum de Liège parce qu’il sert de relais au promoteur allemand de The Musical Box ( lire ci-dessus). Habituellement, on le trouve plutôt au centre de Verviers, dans son club de 350 places qui s’est taillé une réputation de chaleureux  » refuge pour disparus « . Aux côtés de groupes actuels – Daniel Hélin et Vincent Venet y jouent prochainement -, le Spirit accueille une liste de survivants, la plupart issus des années 1960-1970. Au hasard, Robert Gordon et Chris Spedding (rockabilly anglo-américain, le 7 février), Wishbone Ash (prog-rock british, le 14 février), The Kids (punks anversois, le 8 avril) et même Brian Auger (légende jazz, le 6 juin).

 » On a aussi des  » stars  » comme Paul Rodgers, Tony Joe White, Peter Green ou Alvin Lee, explique Francis, 58 ans et taille de bûcheron. Notre spécialité, ce sont les vieilles gloires, les artistes commercialement sur la piste descendante mais pas has been : la plupart éprouvent encore un vrai plaisir à jouer. Au début, tous les agents nous ont raccroché au nez, et puis un Hollandais a trouvé intéressant d’avoir un point de chute en Belgique pour ces groupes-là. Aujourd’hui, je ne demande plus rien à personne.  » Rameutant les 30 à 50 ans, le Spirit est aussi un large pôle d’attraction au-delà des frontières :  » Notre clientèle de base vient d’une zone située entre 200 et 400 kilomètres, ce sont souvent des fans. Ils apprécient l’acoustique et, surtout, l’atmosphère du lieu. L’autre jour, le chanteur de Pendragon (groupe prog-rock anglais) pleurait sur scène, de contentement ! Au Spirit, à la fin du premier morceau, l’ambiance est déjà comme au premier rappel ailleurs.  »

Gestionnaire concerné, Francis se soumet à une règle impériale : attirer 2 000 spectateurs chaque mois, ce qui n’est pas forcément simple :  » Il y a des concerts devant 12 personnes parce que les gens ne viennent pas les yeux fermés, mais, parfois, la capacité du lieu s’avère trop juste.  » Récemment, ce commerçant grossiste qui se présente comme  » marchand de patates « , ne faisant le Spirit  » que pour le fun « , a rempli trois fois le club avec Barclay James Harvest, mini-mythe britannique. Ils reviennent donc en version philharmonique (le 9 avril), mais ce sera au Grand Théâtre de Verviers… En septembre 2007, le Spirit devrait déménager dans un centre commercial à quelques centaines de mètres de son actuelle base : un Spirit bis de 350 places y sera reconstitué, jouxtant un Spirit XXL susceptible d’accueillir de 800 à 1 000 personnes. Qui dit que la Wallonie ne bouge pas ?

Infos sur www.spiritof66.be

Ph.C.

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Partner Content