Forest : Mon château d’eau, ma danseuse…

Après huit ans de travaux, le château d’eau de Forest, lieu exceptionnel à proximité de l’Altitude 100, a retrouvé son identité.

C’est en 1904 qu’est construit le château d’eau de la rue Marconi à Forest, sans doute pour répondre aux besoins en eau, en augmentation à cause de la forte industrialisation du quartier. L’édifice, haut de plus de 100 mètres, est l’un des premiers à posséder une structure en béton armé.

Dès 1934, la Compagnie des eaux abandonne pourtant l’exploitation du château et finit par le vendre, en 1956, à la commune de Forest. Celle-ci s’en servira, pendant quelques années, pour y ranger son matériel de voirie. Ensuite, le château d’eau passera de main en main.

En 1998, quand il tombe dans l’escarcelle d’H2O, une société détenue par le promoteur Philippe Schöller, le bâtiment a subi quantité de dégradations. A l’époque, le nouveau propriétaire ne sait pas encore avec précision ce qu’il compte en faire. Finalement, après une série de projets, une option est retenue. L’architecte Cécile Michaux est choisie pour piloter l’opération : un immeuble à appartements, ouvert en son milieu – afin de préserver la vue sur le château d’eau – sera construit à front de rue. A l’intérieur du château, outre un rez-de-chaussée à vocation professionnelle, deux logements seront créés. Un triplex de 257 mètres carrés et sa terrasse sur la plate-forme supérieure du château occuperont les quatre étages supérieurs du bâtiment (dont l’ancienne cuve). Un duplex de 204 mètres carrés couvrira les étages inférieurs.

L’opération prendra beaucoup de temps. Le classement de l’édifice n’arrange guère les choses. Techniquement, il faut aussi trouver des solutions très spécifiques, compte tenu de la structure de l’immeuble. Finalement, huit années de procédures et de travaux seront nécessaires ! Aujourd’hui, Philippe Schöl- ler ne regrette rien.  » Au terme de ces huit ans de travail, je ressens toujours des frissons à contempler ce château d’eau.  » Quand on aborde la question de la rentabilité du projet, il répond qu’en l’espèce  » il faut plutôt parler d’une danseuse… « . En tout cas, peu de promoteurs auraient osé se lancer dans un dessein aussi risqué, pour le seul plaisir de rendre son identité à un lieu exceptionnel.

Aujourd’hui, l’immeuble, à front de rue, a été revendu à un investisseur : il en a loué la plupart des appartements. Philippe Schöller, via H2O, est resté propriétaire du château d’eau, dont le triplex a récemment été donné en location.  » Le loyer est confidentiel, confie Jean Corman, patron de l’agence Victoire Properties en charge du bail. On n’est pas si loin du prix d’un appartement de standing de cette superficie, alors que le bien est tout à fait exceptionnel. Rares sont en effet les Bruxellois auxquels pareille vue est offerte. « 

Laurence de Hemptinne

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