Faire mentir l’histoire

La guerre est-elle un état propre à l’humanité et, donc, indépassable ?

Jules Vaneste, par e-mailAussi loin que l’on remonte dans le temps, l’humanité est déchirée par les conflits, les guerres, les tueries. Ils constituent l’essentiel de son activité, fournissant la matière de la mémoire générationnelle. Cela dit, l’angélisme est ici hors de propos. Les conditions de vie de nos aïeuls façonnaient leur violence. Elle prenait corps dans le rapport inégal des sexes et se prolongeait à travers le besoin de vivre et de se protéger. Le groupe percevait l’autre comme étrange et hostile. Le conflit en devenait nécessaire et respectable. Indéchiffrables, les esprits et les dieux réclamaient des sacrifices et sanctifiaient le sang. Les collectivités humaines, après l’errance initiale, s’accrochaient à un territoire où régnait un certain ordre, c’est-à-dire la représentation de ce qui conviendrait au développement du groupe. Très naturellement, si l’on peut dire, chaque société prenait conscience de son bon droit. S’étendre si elle le pouvait ou se défendre si on l’attaquait. La nécessité, la religion et la tradition allaient dans ce sens. Les premières avancées ont été la mise au point de ce qu’on a appelé le droit de la guerre ( jus belli). Il n’en reste pas moins que l’histoire n’a jamais été pacifique et que le guerrier a toujours été glorifié. La guerre aussi. Maintenant encore.

On ne trouvera pas dans l’histoire un quelconque démenti à cette propension belliqueuse de l’humanité. Le problème est d’autant plus compliqué que les sociétés sont û aujourd’hui encore û dans un état inégal de culture et de développement, plus proche de la guerre que de la paix. Dilemme ! Pour vivre en paix, il faut être deux. Si un des camps poursuit la paix à tout prix, ne risque-t-il pas d’être soumis, voire détruit par l’autre ? Ainsi, à certains moments de grande tension, durant la guerre froide, n’a-t-on pas vu des manifestants proclamer :  » Plutôt rouge que radioactif ! « . C’était une solution, sans doute pas la meilleure.

Et maintenant ? Premièrement, il faut tourner résolument le dos aux enseignements de l’histoire. Ils vont tous dans le même sens : finalement, la guerre tranche et ce verdict n’a rien à voir avec la morale ou la justice. Deuxièmement, il faut £uvrer à l’édification d’une société qui û à l’échelle mondiale û instaurera une démocratie véritable et socialement juste. Cela suppose que nous luttions pour l’universalisation d’une démocratie toujours plus agissante et pour empêcher que l’injustice sociale ne se donne l’excuse de la liberté. Ainsi mettrons-nous l’histoire en défaut… enfin.

jean nousse

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