Faire le bon choix des études : le parcours du combattant ?

Moment crucial de la vie d’un étudiant, le choix des études supérieures. Les clés pour réussir ? Une bonne information, la connaissance de ses compétences, l’apprentissage… Et puis, résoudre le dilemme entre passion et raison.

Le regard de Telma Campes parcourt tous les catalogues :  » histoire « ,  » langues « ,  » économie « … L’étagère du Centre d’information et d’orientation de Louvain-la-Neuve (CIO) proposerait presque trop d’options au goût de la jeune rhétoricienne.  » Je ne sais pas du tout ce que je veux faire, c’est pour cela que je suis venue ici.  » Telma est loin d’être seule dans la salle d’attente du CIO. Ils sont venus en groupe avec la même question aux lèvres :  » Que me réserve l’avenir ?  » Pour certains, la réflexion est bien avancée.  » Je veux être chimiste depuis ma 3e humanité. J’ai juste besoin d’un complément d’informations sur les options proposées « , explique Julien Declercq, 17 ans. A sa droite, Flavien Gaspard est déjà plus circonspect :  » J’hésite entre médecine et ingénieur civil. Je sais que ce sont deux branches très différentes. Mais elles m’attirent l’une et l’autre.  »

Une information adéquate

Quelques conseils avisés pourront sans doute aider ces étudiants en quête de vocation. Selon Laurence Vaniekaut, directrice d’un centre PMS (psycho-médico-social) de Charleroi, la première question à se poser est simple mais essentielle :  » L’élève désire-t-il faire des études supérieures ? Et si oui, préfère-t-il un enseignement de type court ou de type long ?  » Pour la directrice, il faut dépasser certaines idées préconçues. Les formations professionnelles, par exemple, ne sont pas toujours considérées à leur juste valeur. Les jeunes sont en droit de disposer de toutes les informations nécessaires pour choisir leur voie.

 » Il y a trois éléments clés à considérer, explique Philippe Catoire, conseiller en orientation pour le CIO. D’abord, il faut comprendre l’offre de formations supérieures et la structure dans laquelle elles s’inscrivent. Ensuite, il faut s’intéresser au marché de l’emploi et analyser à quoi ces études mènent. Enfin, il faut connaitre ses désirs et attentes. « 

Salons, sites Web, journées de sensibilisation permettent d’éclairer ces aspects. En rencontrant des professionnels, des jeunes submergés d’informations pourront recadrer leurs recherches. D’autres, en manque de données, pourront commencer à réfléchir grâce aux conseils de ces organismes.  » Il faut prendre du recul et réfléchir sur soi-même avant de se lancer dans une direction. Le passé et les expériences d’un jeune sont révélateurs. Cela peut, par exemple, éclairer sur sa sensibilité à exercer un métier de contact ou, au contraire, une fonction plus individualiste « , insiste Philipe Catoire.

 » J’ai pris conscience de certains paramètres, explique Telma Campes à l’issue d’un entretien de plus d’une heure avec une psychologue du CIO. J’ai le contact plutôt facile avec les gens et un côté créatif que j’aimerais exploiter. D’après la psychologue, je pourrais m’orienter vers la publicité. Je n’ai pas arrêté mon choix. Mais je vais, au moins, me renseigner davantage sur les études en communication. « 

L’expérience de terrain

L’expérience vaut souvent mieux que les mots pour surmonter ses hésitations. Beaucoup de jeunes prennent conscience de la réalité d’une vocation en l’observant.  » C’est important de confronter notre vision d’un métier à la réalité du terrain. Il ne faut pas oublier que les études ne durent qu’un temps. Après, on s’engage pour toute une vie « , insiste Hélène D’Huart, informatrice et conseillère en orientation pour le Service d’information sur les études et les professions.  » Il faut être conscient des horaires, des compétences, des concessions qu’imposent certaines professions. « 

Les organismes d’orientation encouragent ces rencontres avec les professionnels ; il est ainsi intéressant de pouvoir les suivre lors d’une journée type.  » Cela permet de vraiment mûrir sa décision. La précipitation est très mauvaise conseillère en matière de choix d’orientation « , dit encore Hélène D’Huart.

La passion ou la raison ?

 » Les jeunes sont attirés par ce qu’ils aiment faire. Si ce n’était pas le cas, tout le monde se précipiterait dans les filières où il y a le plus d’emplois disponibles « , sourit Laurence Vaniekaut. Pourtant, être passionné par une filière ne suffit pas toujours. L’élève doit également prendre en compte ses compétences.  » De nombreux jeunes se braquent sur une branche. Ils accumulent les échecs, de sorte qu’après un certain temps on ne peut plus les accepter dans l’enseignement supérieur. Dans ces cas-là, il faut se réorienter assez tôt. Choisir une filière que l’on aime mais qui est plus accessible « , insiste Philippe Catoire.

Les parents, en revanche, sont plus préoccupés par la question des débouchés.  » Se baser sur les critères d’offres d’emplois n’est pas toujours la bonne solution. Ceux-ci varient chaque année. Vous pouvez commencer vos études avec un emploi assuré et être face à un secteur saturé à votre sortie « , constate Hélène D’Huart. Ces questions pragmatiques vont de pair avec les interrogations sur le futur salaire, même si elles ne figurent pas en tête des priorités des élèves.

Une filière, plusieurs orientations

Que les rhétoriciens se rassurent. Le choix d’une option ne les enferme pas à vie dans le carcan d’une profession.  » Il est toujours possible de se réorienter par la suite. D’opter pour une voie parallèle si les bacs n’ont pas totalement satisfait l’étudiant, explique Philippe Catoire. Il est également possible d’effectuer un master complémentaire une fois diplômé. Je rencontre même des adultes qui reprennent des formations afin de s’ouvrir à d’autres secteurs. « 

Choisir une filière n’est pas choisir un métier.  » Une orientation peut aussi offrir différentes possibilités, rassure Hélène D’Huart. Il existe des compétences transversales qui ouvrent à d’autres domaines.  » C’est pourquoi, avant de se lancer dans cette nouvelle vie, autant connaitre toutes les possibilités qu’elle offre.

POUR EN SAVOIR PLUS SIEP : SERVICE D’INFORMATION SUR LES ÉTUDES ET LES PROFESSIONS, RUE DE LA POSTE, 109-111, 1030 BRUXELLES.TÉL : 02/640 08 32 ; WWW.SIEP.BE

Par Cécile Bounition (UCL)

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Partner Content