Faire du sport, oui mais combien ?

Karin Rondia Journaliste free-lance

La notion de sport évolue. Désormais considéré comme indispensable, le sport mise sur l’accessibilité et la convivialité plutôt que sur la performance et la compétition. Pour le plus grand bien de tous.

Cela n’a pas fait  » tilt  » tout de suite. La sédentarité s’est infiltrée dans nos vies sans que personne y fasse attention. Au départ, elle a été portée par les progrès sociaux et la démocratisation des biens de consommation. Personne n’a rien trouvé à redire quand les machines ont allégé le travail de l’homme, quand la voiture lui a permis d’aller plus vite plus loin et quand l’ordinateur lui a ouvert des horizons immenses sans bouger de son fauteuil. Il y a vingt ans, faire du sport n’était encore qu’un loisir recommandable ; aujourd’hui, c’est en passe de devenir une nécessité impérieuse.

Fin 2007, une enquête américaine portant sur 250 000 personnes a délivré ce chiffre stupéfiant : pratiquer régulièrement une activité physique modérée fait chuter la mortalité de 30 %. Un gain de vie – et de qualité de vie – grappillé à tous les étages : cancer, maladies cardio-vasculaires, diabète, excès de poids, maladies respiratoires, Alzheimer, maux de dos, arthrose, problèmes immunitaires…

Le sport devrait donc, logiquement, devenir le  » médicament  » numéro un prescrit par les médecins. Ce ne sera pas le cas. D’une part, parce que personne – à part peut-être les équipementiers – n’a d’intérêt à mettre en jeu les moyens financiers énormes nécessaires pour marteler le message. On n’imagine guère des délégués médicaux allant de salle d’attente en salle d’attente prêcher la bonne parole pour un  » produit  » qui ne coûte que quelques gouttes de sueur… D’autre part, parce que le marché que représente notre temps libre est un secteur convoité et soumis à rude concurrence… et que le choix du consommateur se portera plus facilement vers des occupations moins dévoreuses d’énergie.

Plus pragmatique

Heureusement, les définitions de ce que l’on entend par  » sport  » ont aussi évolué. Jadis, seules comptaient la condition physique et les performances. Le dosage de l’effort ne se mesurait qu’en fonction de la fréquence cardiaque maximale. Depuis le milieu des années 1990, les recommandations ont évolué vers la notion d' »activité physique « , avec pour premier objectif le maintien d’un état de santé satisfaisant, en particulier sur le plan cardio-vasculaire. Ces nouvelles donnes sont plus pragmatiques, et s’adressent clairement à la population générale, pas particulièrement sportive comme chacun sait.  » En d’autres termes, le sport est la forme la plus sophistiquée de l’activité physique, mais l’activité physique ne se réduit pas au sport, elle comprend aussi l’activité physique dans la vie de tous les jours, à la maison, au travail, dans les transports et au cours des loisirs non compétitifs  » peut-on lire dans la toute récente expertise collective Activité physique, contexte et effets sur la santé, publiée par l’Inserm (France) en mars dernier.

Une demi-heure par jour

C’est une très bonne nouvelle pour tous ceux et celles qui n’ont pas le goût de se lancer dans une pratique sportive intense mais qui ont tout de même le souci de faire un effort pour préserver leur capital santé, ou de maintenir dans des limites raisonnables un poids trop capricieux. La recommandation de base est la marche. Accessible à tous, modulable selon la forme du moment, elle a tous les atouts de l’exercice physique idéal. La dose optimale ? Trente minutes tous les jours, si possible d’un pas vif. Et les escaliers font partie du programme ! Pour ceux qui aiment quantifier leur effort, la dernière mode est le podomètre, un gadget qui comptabilise chaque pas effectué. De plus en plus de campagnes de promotion de la santé fixent la barre à 10 000 pas par jour, un objectif déjà ambitieux… (une personne sédentaire en fait 1 500 à 4 000). Le bénéfice est ressenti très rapidement. On pourra alors y ajouter quelques séances plus intensives de musculation, des exercices de souplesse, un travail sur la respiration, de la relaxation. Allez, hop ! C’est le premier pas qui compte !

Karin Rondia

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