Les soulèvements populaires observés en 2019, ici au Chili, forgent une communauté d'expérience, prélude à l'acquisition d'un pouvoir. © BELGAIMAGE

Faire de la démocratie le pouvoir réel du peuple

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Le risque, impensable il y a quelques décennies, d’un dépérissement des démocraties libérales, sous l’effet conjoint de transformations internes vers toujours plus d’autoritarisme et d’inégalités, et de la concurrence de régimes autocratiques, apparaît désormais sinon probable, du moins possible « , diagnostique Samuel Hayat dans Démocratie (Anamosa, collection Le mot est faible, 96 p.). Pour éviter ce scénario, le chercheur en science politique du CNRS propose quelques pistes pour définir les contours de la  » démocratie réelle  » qui est, pour lui, irréductiblement plurielle. Il met toutefois en garde contre les partis  » qui constituent aussi des outils de dépossession du pouvoir du peuple au profit d’une élite politique  » et contre le citoyennisme, défense inconditionnelle de la souveraineté populaire, qui est porteur d’un risque :  » justifier le pouvoir absolu de l’Etat et l’unité du peuple au détriment de ses minorités « . Pour Samuel Hayat, les soulèvements populaires  » qui n’en finissent pas de contester les élites politiques et les réformes néolibérales qu’elles mènent […] révèlent et sans doute accélèrent un travail de mise en lien entre des gens qui se découvrent une communauté d’expérience et qui s’appuient dessus pour se doter collectivement d’un pouvoir « . Ainsi, selon l’auteur,  » la démocratie est le pouvoir d’un peuple qui ne cesse de se reconstruire dans l’expérience collective d’un refus d’être gouverné « .

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