En quête de belgitude…

Pour fêter son 25e anniversaire, Le Vif/L’Express organise un concours photo. Thème : la belgitude. Ou comment se sent-on belge, francophone, wallon ou bruxellois, quand on a 16 ou 25 ans, dans un pays en crise…

Belgitude. Si ce néologisme n’existe pas dans le dictionnaire, il apparaît dans les années 1970, inspiré du concept de négritude inventé par Léopold Sédar Senghor, poète et homme politique sénégalais. Et si l’on transpose la définition donnée par Le Petit Robert, la belgitude serait  » l’ensemble des caractères, des manières de penser, de sentir propres à la race belge « . Elle exprimerait une interrogation existentielle, une identité  » en creux « . Relèverait de la belgitude ce qui n’est ni français, ni néerlandais, ni allemand. Et, en même temps, ce qui est un peu tout cela à la fois. Certains voient des signes de belgitude dans notre goût pour le surréalisme, dans cette façon de réécrire l’histoire qui fait remonter la Belgique à la nuit des temps et qui glorifie le mélange des cultures romane et germanique.

Le terme est popularisé en 1980 par un numéro spécial de la Revue de l’Université libre de Bruxelles :  » La Belgique malgré tout « . Ce qui fait dire à ses détracteurs que les chantres de la belgitude se recrutent en Belgique francophone et, plus particulièrement encore, à Bruxelles. Peu de Flamands se reconnaissent dans ce concept. Tous les Wallons ne s’y retrouvent pas. Cette abstraction nierait-elle les identités flamande et wallonne ? Pendant longtemps, on aurait cru que la polémique n’intéressait que les milieux intellectuels, les cercles littéraires et politiques.

Mais, l’an dernier, clairsemés d’abord, puis de plus en plus nombreux, des drapeaux belges ont fleuri aux fenêtres. Certains y flottent encore, défraîchis. De quoi sont-ils la manifestation silencieuse ? Si un gouvernement a finalement vu le jour, les tensions communautaires restent fortes. De réformes de l’Etat en régionalisations de compétences, que reste-t-il de notre belgitude ? Ce concept a-t-il seulement jamais existé ? Vaudrait-il mieux parler de  » wallonitude  » et de « bruxellitude » ? Comment les jeunes, que l’on dit peu politisés, ressentent-ils ces notions ? Les images expriment-elles plus que les mots ?

Cette double approche, écrite et photographique, est encore plus importante pour un newsmagazine. Pour ses 25 ans, Le Vif/L’Express a voulu le rappeler en organisant ce concours destinés à de jeunes photographes (de 16 à 25 ans) et présidé par Georges Vercheval, fondateur et ancien directeur du Musée de la photographie de Charleroi. Carte blanche est aujourd’hui donnée à l’un des photographes les plus fidèles du Vif/L’Express : en guise d’exemple, et non comme  » modèle à imiter « , Frédéric Pauwels expose, dans ces pages et sur levif.be, son idée de la belgitude.

Le règlement du concours est disponible au Vif/L’Express, 50, rue de la Fusée à 1130 Bruxelles, et sur www.levif.be.

Dorothée Klein

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