école : Les parents sont endormis…

Dans l’enseignement secondaire, les enseignants sont effarés : les élèves ne comprennent pas les questions qu’on leur pose, leur écriture est phonétique, ils ânonnent au lieu de lire, ils n’ont aucun mais alors aucun sens des ordres de grandeur, ils confondent Néron et Napoléon… Ils continuent à bloquer par c£ur et à tricher. Personne n’ose réagir :  » C’est trop tard « , chante-t-on.  » On n’a pas envie d’avoir des recours, des problèmes avec les parents « , dit-on à voix basse… [Les enfants ] recevront un diplôme à  » l’école de la réussite  » ! Il ne vaut rien ? Quelle importance ? Celui qui veut travailler, trouve et s’instruit en travaillant, celui qui ne peut ou ne veut pas travailler a droit au chômage… à perpétuité ! Et vive la mondialisation qui permet à des ingénieurs recrutés en Inde de combler nos cadres comme elle permet de délocaliser les dernières entreprises… et de mettre tant de jeunes au chômage que certains commencent à se poser des questions.

Ma question est simple, voire simpliste : mais que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ? J’ai observé, j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver et suis arrivée à cette réponse que je vous soumets. Comme souvent, tout est parti d’une excellente intention : donner les mêmes chances à tous les enfants. Cela devait être possible puisque le socialisme, triomphant après la Seconde Guerre mondiale, avait décidé que le cerveau de l’enfant est comme une page blanche sur laquelle tout peut être inscrit. Freinet avait dit que cette  » inscription  » se fait plus facilement et plus durablement si l’enfant découvre lui-même et construit son savoir, c’est le  » constructivisme « . Cette idée semblait lumineuse, mais elle ne tient pas compte de quelques réalités : après l’âge bébé, beaucoup d’enfants cessent de vouloir s’instruire spontanément. Notre savoir a 5 000 ans : comment le  » construire par tâtonnements  » en quelques années ? Où trouver les génies de la pédagogie capables d’aider simultanément 20 à 30 mioches à découvrir, à progresser à leur propre rythme ? Où trouver l’argent pour l’achat du matériel indispensable ? Etc. On a relativement vite constaté que le système Freinet (Montessori e.a.) ne fonctionnait pas… on ne l’a pas abandonné ! On n’a pas écouté ceux qui l’avaient promu et qui avaient reconnu leur erreur !

On l’a renforcé. On l’a contourné en inventant ce que j’appellerai le  » contenu super-chic pour résultat super-nul  » : les gosses bloquent par c£ur ou trichent ! Et ceux qui ne savent pas bloquer par c£ur, ceux qui ne supportent pas cet  » enseignement  » de pure façade, dérangent. On ne les punit guère, on sait sans doute qu’ils ont raison, et tous les élèves finissent par obtenir un diplôme à  » l’école de la réussite  » et tous les parents sont satisfaits. Situation absurde. (…)

Et quand la discipline règne, le bonheur n’est toujours pas à l’école ! Les parents ayant connaissance des directives et règlements sont présents pour vérifier que les enseignants les respectent… et beaucoup d’enseignants en sont réduits à suivre des directives au lieu de suivre les progrès réels de leurs élèves, au lieu de s’adapter aux besoins de chacun. (…) Pauvre jeunesse. Pauvre pays.

Mia Vossen, par courriel

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