Didier Bellens pilotera Belgacom

Plus de trois mois après le décès de John Goossens, le gouvernement confie les rênes de Belgacom à Didier Bellens. Le patron de RTL Group, prudent, se donne cent jours pour élaborer son propre plan stratégique

Avec sa tête de gendre idéal et son ton de voix plutôt discret, Didier Bellens, 47 ans, n’est manifestement pas du genre à vouloir bluffer son monde. Officiellement présenté à la presse par le ministre des Entreprises et des Participations publiques, Rik Daems, il n’a rien promis, sinon de se mettre à l’écoute de ses nouveaux collaborateurs, salariés, actionnaires, représentants syndicaux. Didier Bellens n’a pourtant guère de raisons de jouer les modestes: ce n’est pas par hasard qu’il a été désigné par le gouvernement pour succéder à John Goossens, l’administrateur délégué de Belgacom décédé en novembre dernier. Son nom a émergé après qu’une vingtaine de candidats potentiels ont été sélectionnés par les chasseurs de têtes du cabinet Egon Zehnder International. Son parcours professionnel ne pouvait que séduire. Ingénieur commercial issu de Solvay (ULB), Didier Bellens a fait ses premières armes chez le consultant Deloitte & Touche, avant de rejoindre le groupe GBL. Longtemps considéré comme un lieutenant de l’homme d’affaires Albert Frère, il a également travaillé à la direction du holding suisse Pargesa. C’est au poste d’administrateur délégué de RTL Group, qu’il occupe depuis mars 2000, que l’on est finalement venu le chercher. Certes, le monde des médias n’est pas celui des télécommunications. Mais, en dirigeant judicieusement une entreprise dont le chiffre d’affaires atteint les 4 milliards d’euros, qui compte 23 chaînes de télévision et 22 stations de radio en Europe, et qui emploie 7200 salariés, Didier Bellens a fait ses preuves. Son profil de financier rompu à la gestion d’un groupe international a définitivement fait pencher la balance en sa faveur.

Seule lui manque la maîtrise du néerlandais, que le nouveau patron de Belgacom a promis d’acquérir d’ici à deux ou trois mois. Résolu à imprimer son propre style à l’entreprise qu’il pilotera, Didier Bellens présentera ses options stratégiques pour le groupe dans cent jours. Car, si Belgacom se porte financièrement à merveille, si la qualité de sa direction est unanimement reconnue et si la paix sociale y règne, les défis ne manqueront pas, à l’avenir, notamment en termes de développement hors frontières. En attendant, la nomination du successeur de John Goossens pourrait bien marquer le début d’un jeu de chaises musicales au sein du conseil d’administration de Belgacom puisque, d’après la loi, les postes d’administrateur délégué et de président du conseil d’administration ne peuvent être attribués à des personnalités du même rôle linguistique. Le président francophone Michel Dussenne devrait donc céder sa place.

L.v.R.,

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